États-Unis : le New York Times rend hommage aux victimes du Covid-19

Sur un écran d'ordinateur s'affiche un tweet du New York Times montrant sa Une du lendemain, consacrée à une liste de mille personnes mortes du coronavirus, à Los Angeles le 23 mai 2020
Sur un écran d'ordinateur s'affiche un tweet du New York Times montrant sa Une du lendemain, consacrée à une liste de mille personnes mortes du coronavirus, à Los Angeles le 23 mai 2020 Agustin PAULLIER AFP

Pour marquer le passage imminent de la barre des 100 000 morts du Covid-19 aux États-Unis, le quotidien américain le New York Times consacre sa une de dimanche à la mémoire des victimes du virus.

Publicité

“Les 1 000 personnes sur cette page représentent 1 % du bilan total. Aucune d'elles n'était un simple numéro. Ils étaient des nôtres." La une du New York Times est poignante.

Alors que les drapeaux sont en berne, dimanche 24 mai, aux États-Unis, en hommage aux victimes du Covid-19, le célèbre quotidien américain a consacré sa une à 1 000 personnes décédées sur le sol des États-Unis. Leurs noms recouvrent l'intégralité de la page habituellement réservée aux articles et aux photos.

"Les chiffres, à eux seuls, ne peuvent pas quantifier l’impact du coronavirus sur l’Amérique. Que ce soit le nombre de patients traités, les emplois perdus, les vies arrivées prématurément à terme”, écrit le quotidien, alors que le pays s'apprête à dépasser le seuil des 100 000 morts. 

Les États-Unis sont le pays le plus touché par la pandémie de coronavirus, tant en nombre de morts que de cas, avec 97 048 décès pour 1 621 658 cas, selon les dernières données disponibles samedi soir. Samedi 23 mai, le pays a recensé 1 127 nouveaux décès en 24 heures. 

Joe Diffie, 62 ans, Myles Coker, 69 ans...

Pour rendre aux victimes leur humanité effacée par les statistiques, le New York Times explique “s’être plongé dans les nécrologies et avis de décès”. Il donne des éléments biographiques pour chacun et lieu où ils ont succombé.  De New York à la Californie, les nécrologies viennent des quatre coins du pays et leurs proches ont tenté de rendre compte de leur personnalité en quelques mots. 

On découvre ainsi "Joe Diffie, 62 ans, Nashville, star de la musique country distingué par un Grammy", ou "Lila A. Fenwick, 87 ans, New York City, première femme noire diplômée de la Harvard Law School". Également, "Myles Coker, 69 ans, New York City, remis en liberté après avoir été condamné à la prison à vie",  "Ruth Skapinok, 85 ans, Roseville, Californie, les oiseaux du jardin venaient manger dans sa main", "Jordan Driver Haynes, 27 ans, Cedar Rapids, Iowa, jeune homme généreux avec un sourire enchanteur".

"Je voulais quelque chose que les gens puissent relire dans 100 ans ans pour comprendre le poids de ce que nous traversons", a expliqué Marc Lacey, le rédacteur en chef national du journal.

Une une plébiscitée 

La une du New York Times a été saluée et partagée des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, alors que la conduite de Donald Tump y était parallèlement décriée.  

Sur Twitter, de nombreux Américains se sont indignés de voir Donald Trump choisir, samedi 23 mai, pour retourner sur les terrains de golf. Le parallèle entre le week-end de détente du président américain et la publication a inspiré plusieurs visuels cinglants, comme cette superposition d'un dessin du caricaturiste politique Michael de Adder sur la une du journal.

Sur une autre image, un twittos a imaginé le nécrologie du couple présidentiel, écrivant en gras et en rouge sur le journal "'Je n'en ai rien à faire. Et toi?' Melania Trump, juin 2018 ". "Donald Tump - Covid-19-2020"

Pour sa part, le président américain, qui fait pression pour une relance économique, tweetait samedi "Transition vers la grandeur", reprenant le slogan qu'il utilise pour plaider la réouverture de l'économie. Un tweet qui a suscité l'indignation tant il est en dissonance avec le bilan humain. 

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine