Les Hongkongais manifestent contre la loi sur la sécurité intérieure voulue par Pékin

Des militants pro-démocratie manifestent à Honk Kong, le 24 mai 2020, contre la proposition de loi de la Chine sur la sécurité intérieure.
Des militants pro-démocratie manifestent à Honk Kong, le 24 mai 2020, contre la proposition de loi de la Chine sur la sécurité intérieure. AFP - ANTHONY WALLACE

Des milliers de personnes manifestent, dimanche, pour dénoncer le projet de loi sur la "sécurité nationale", que la Chine tente d'imposer à Hong Kong. Pour les militants pro-démocratie, il s'agit d'une des pires attaques menées contre l'autonomie du territoire.

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Les Hongkongais sont de nouveau dans la rue. Bravant l'interdiction de se réunir pour éviter la propagation du Covid-19, des milliers de personnes ont manifesté, dimanche 24 mai, dans plusieurs quartiers de Hong Kong. Ils dénoncent la proposition de loi sur la sécurité, qui vise à interdire "la trahison, la sécession, la sédition [et] la subversion".

La situation s'est rapidement tendue. Alors que le nombre de manifestants enflait dans les quartiers de Causeway Bay et Wanchai, la police anti-émeute a eu recours aux lacrymogènes et aux gaz poivrés pour tenter de disperser la foule, avec l'aide de canons à eau. Certains protestataires ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, érigé des barricades de fortune et utilisé les parapluies pour se protéger des gaz lacrymogènes. La police a annoncé 120 arrestations.

"La situation est très tendue, notamment dans le quartier de Causeway Bay qui avait été le point de départ de nombreuses marches, notamment celle qui avait réunie un million de personnes en juin dernier", rappelle Florence de Changy, correspondante de France 24 et RFI à Hong Kong. "Depuis quelques heures, la police procédait déjà à des arrestations préventives. Elle utilise l'interdiction de se réunir liée au Covid-19 pour distribuer des amendes et dissuader les gens de sortir de chez eux", poursuit-elle. 

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"Ils ont peur de perdre leurs libertés"

Néanmoins, la peur de la pandémie, de la police ou le confinement n'ont pas suffi à dissuader les militants pro-démocratie. Ils ont multiplié les appels à se rassembler depuis le dépôt de la proposition de loi, vendredi 22 mai, à l'ouverture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP). Selon eux, cette loi est l'une des pires attaques menées contre l'autonomie du territoire.

"Ce qui inquiète les Hongkongais, c'est que le haut degré d'autonomie, dont ils disposent et qui est garanti par leur mini-Constitution — la basic law —, soit détruit par ces lois sur la sécurité. Ils ont peur de perdre leurs libertés : la liberté de manifester, de se réunir, de penser, la liberté de la presse ou liberté de culte",  poursuit Florence de Changy. Des droits inconnus en Chine. 

Hong Kong jouit en effet d'une très large autonomie par rapport au reste du pays dirigé par le Parti communiste chinois (PCC), en vertu du concept "Un pays, deux systèmes" qui avait présidé à sa rétrocession par Londres en 1997.  Ce modèle est censé durer jusqu'en 2047 mais nombre de Hongkongais dénoncent des ingérences de plus en plus grandes de Pékin. 

"Nous sommes de retour"

La loi sur la sécurité intérieure intervient après des mises en garde répétées du pouvoir communiste chinois contre toute dissidence à Hong Kong, secouée l'an dernier par sept mois de manifestations en faveur de la démocratie.

Bien que confortée par le triomphe des "pro-démocratie" aux scrutins locaux de novembre, cette mobilisation s'est arrêtée au début de l'année en raison des milliers d'arrestations et des interdictions de rassemblement dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.           

Plus de 8 300 personnes ont été arrêtées depuis le début de la contestation il y a un an. Environ 200 ont encore été interpellées en marge d'actions à l'occasion de la Fête des mères début mai. Mais les militants étaient bien décidés à reprendre le mouvement. "Nous sommes de retour ! Rendez-vous dans les rues le 24 mai", disait un graffiti sur un mur proche de la station de métro de Kowloon Tong.  

Avec AFP

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