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Application StopCovid : le Parlement français approuve le traçage numérique

La déclaration du gouvernement relative à l'application StopCovid a été approuvée par les députés français  par 338 voix pour (215 contre), le 27 mai 2020.
La déclaration du gouvernement relative à l'application StopCovid a été approuvée par les députés français par 338 voix pour (215 contre), le 27 mai 2020. © Thomas Samson, AFP
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Vidéo par : Axelle SIMON
4 min

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont voté pour le traçage numérique, mercredi, lors de votes consultatifs concernant le déploiement de l'application StopCovid. Celle-ci permettra à tout individu disposant de l'application d'être prévenu s'il a été en contact avec une personne contaminée par le coronavirus.

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Le Parlement français donne son feu vert à l'application StopCovid. Lors de votes consultatifs, l'Assemblée nationale puis le Sénat ont voté pour le traçage numérique, mercredi 27 mai, permettant ainsi le déploiement de l'application. Celle-ci devrait être téléchargeable dès le week-end prochain et permettra de prévenir les personnes ayant été en contact avec un individu porteur du Covid-19.

La déclaration du gouvernement relative à l'application a été approuvée par 338 voix pour (215 contre) à l'Assemblée nationale. Au Sénat, 186 sénateurs ont voté pour, dont une majorité du groupe LR, 127 ont voté contre et 29 se sont abstenus. 

Ces deux votes, bien que sans valeur contraignante pour le gouvernement, constituent un motif de satisfaction pour le secrétaire d'État chargé du numérique Cédric O, en première ligne sur le sujet, alors que le Premier ministre, absent lors du débat parlementaire, paraît circonspect. StopCovid "sera utile dans la lutte contre le virus. Notre seul objectif est de sauver des vies", a réagi Cédric O après le vote du Sénat.

Dans l'hémicycle, les membres du gouvernement ont insisté sur l'importance de cette application à l'approche d'une nouvelle phase de déconfinement, dont les grandes lignes doivent être présentées jeudi à 16 h par Édouard Philippe.

Pas un "prétexte pour que l'État se transforme en État policier"

"Il est possible que certaines décisions" à venir "permettent aux Français de retrouver encore davantage de libertés individuelles et collectives et donc de multiplier les contacts sociaux", donc "nous avons besoin de multiplier les outils", a défendu le ministre de la Santé, Olivier Véran.

De son côté, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a insisté sur le caractère "volontaire", "anonyme" et "temporaire" de cette application. Elle a par ailleurs assuré qu'elle n'était pas un "prétexte pour que l'État se transforme en État policier contrôlant les faits et gestes de nos concitoyens".

Destinée aux détenteurs de smartphones, l'application fonctionnera par Bluetooth et n'utilisera pas la géolocalisation. Elle alertera ses utilisateurs si ces derniers se sont trouvés à moins d'un mètre, et ce pendant au moins quinze minutes, d'une personne contaminée par le Covid-19.

Une société "orwellienne"

Ses détracteurs, parmi lesquels figurent entre autres la Ligue des droits de l'Homme, pointent une atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles et mettent en doute son efficacité, invoquant le nombre de personnes non équipées en smartphone ou peu désireuses de la télécharger.

À gauche, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon a mené la charge contre un projet "inefficace" et "liberticide". "Je fais partie de ceux qui ne veulent pas qu'on sache près de qui j'étais à moins d'un mètre, pendant plus d'un quart d'heure", a-t-il lancé. "C'est le temps d'un baiser. Ça ne vous regarde pas". 

La socialiste Cécile Untermaier a, quant à elle, jugé l'application "tardive" et mis en garde contre une société de la "défiance".

À droite, le chef de file des Républicains (LR) Damien Abad, a dénoncé "une application mort-née, qui arrive trop tard" et un "pas de plus même prudent" vers une société "orwellienne".

Soutenir la "souveraineté numérique"

Sacha Houlié, député de la Vienne, a porté la voix des quelques opposants au projet chez LREM, en évoquant la "dangerosité" et l'"irréversibilité" de ce type d'outils.

Quant aux ex-LREM fondateurs d'un 9e groupe à l'Assemblée, ils ont pratiquement tous voté contre, sauf le mathématicien Cédric Villani, satisfait des "garde-fous" et voulant soutenir la "souveraineté numérique".

Les défenseurs de l'application font quant à eux valoir que StopCovid a reçu le feu vert de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), qui a estimé que ses recommandations avaient été suivies et que l'application permettait "des alertes plus rapides". La "marcheuse" Marie Lebec, députée de la 4e circonscription des Yvelines, a par ailleurs regretté les "instrumentalisations" et "caricatures" de l'opposition.

Avec Reuters et AFP

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