Covid-19 : la Commission européenne propose un fonds de relance de 750 milliards d'euros

Durement frappée par la crise du nouveau coronavirus, l'Union européenne lance un plan d'urgence pour venir en aide aux économies de ses pays membres.
Durement frappée par la crise du nouveau coronavirus, l'Union européenne lance un plan d'urgence pour venir en aide aux économies de ses pays membres. © Daniel Roland, AFP (archives)

La Commission européenne va proposer un fonds de relance de 750 milliards d'euros afin de faire face à la crise économique dans l'UE provoquée par la pandémie de coronavirus, a annoncé mercredi le commissaire aux Affaires économiques, Paolo Gentiloni.

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La Commission européenne propose un fonds de relance de 750 milliards d'euros afin de faire face à la crise économique dans l'UE provoquée par la pandémie de coronavirus, a annoncé, mercredi 27 mai, le commissaire aux Affaires économiques de l'UE, Paolo Gentiloni.

La création de ce fonds, ajouté aux autres instruments de relance, est "un tournant européen pour faire face à une crise sans précédent", a commenté le commissaire italien sur son compte Twitter.

L'Italie et l'Espagne, principales bénéficiaires

Selon un responsable européen cité par Reuters, la majeure partie de ce plan de relance serait réservé à l'Italie et à l'Espagne, deux des pays les plus touchés par l'épidémie. Sur un total de 750 milliards d'euros, 173 milliards d'euros seraient ainsi débloqués pour l'Italie (82 milliards d'euros d'aides directes et 91 milliards sous forme de prêts). L'Espagne se verrait offrir elle 140 milliards (77 milliards d'aides directes et 63 milliards sous forme de prêts).

Avant même son annonce officielle, ce plan, qui sera présenté par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a souligné les lignes de fracture toujours vivaces entre les États membres sur les outils à utiliser pour venir en aide aux pays et aux secteurs les plus éprouvés par la crise.

D'un côté, la France et l'Allemagne qui ont proposé le 18 mai la création d'un fonds de relance doté de 500 milliards d'euros levés par la Commission, qui accorderait des aides budgétaires aux régions et aux États de l'Union les plus touchés par la crise du nouveau coronavirus.

Ces sommes seraient empruntées sur les marchés par la Commission à des taux plus avantageux que ce qu'obtiendraient des États aux finances publiques en difficulté comme l'Italie ou la France.

De l'autre, les États dits "frugaux", comme l'Autriche, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède, réticents à l'idée de simples transferts budgétaires vers des États membres, préfèrent l'option de prêts (remboursables) aux États les plus touchés.

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Équilibre recherché entre subventions et prêts

Ces derniers jours, la Commission européenne a assuré que son plan de relance respecterait un strict équilibre entre subventions et prêts, sans donner plus de détails.

Cet instrument de relance sera adossé au projet de budget 2021-2027 de l'UE – connu sous le nom de cadre financier pluriannuel – d'environ 1 000 milliards d'euros, qui sera également présenté mercredi par l'organe exécutif de l'Union.

Le projet de la Commission sera à l'ordre du jour du prochain sommet européen, les 18 et 19 juin.

Le président français Emmanuel Macron a d'emblée salué le plan de relance présenté par la Commission européenne, et a appelé ses partenaires européens à "aller vite" en adoptant un "accord ambitieux".

"Jour essentiel pour l’Europe", a-t-il écrit sur Twitter. "Nous devons aller vite et adopter un accord ambitieux avec tous nos partenaires européens."

"Mettons de côté les vieux préjugés !"

Mercredi, lors d'un discours à Bruxelles devant les eurodéputés, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé les Européens à "mettre de côté les vieux préjugés" et à soutenir son plan de relance.

Alors que le plan suscite la réticence de quelques États membres dont les Pays-Bas, le Danemark, l'Autriche et la Suède, Ursula von der Leyen a expliqué que la Commission comptait lever 750 milliards d'euros sur les marchés financiers au nom de l'UE, total sur lequel "500 milliards seront distribués sous forme de subventions et 250 milliards sous forme de prêts aux États membres".

Celle-ci a toutefois ajouté que ces subventions constitueraient "un investissement" pour l'avenir, dans les priorités de l'UE : "le renforcement du marché intérieur, la numérisation (de l'économie), le 'Green Deal' européen et la résilience".

"Il s'agit d'une nécessité urgente et exceptionnelle pour une crise urgente et exceptionnelle", a-t-elle insisté. "Mettons de côté les vieux préjugés !", a-t-elle imploré. "C'est le moment de l'Europe", a poursuivi la présidente de la Commission européenne, au moment où "les divergences et les disparités s'accentuent" sur le continent.

Avec AFP et Reuters

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