France : le chômage a connu une hausse record de 22 % en avril

Le nombre d'inscrits à Pôle emploi en catégorie A a grimpé de près de 22% entre mars et avril.
Le nombre d'inscrits à Pôle emploi en catégorie A a grimpé de près de 22% entre mars et avril. © Pascal Guyot, AFP

En France, le nombre de chômeurs a enregistré une nouvelle hausse record sur un mois en avril dans la catégorie A, selon les données publiées, jeudi, par le ministère du Travail et Pôle emploi. Cette hausse sans précédent porte les effectifs de la catégorie à plus de 4,5 millions de personnes.

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Le nombre de demandeurs d'emploi n'exerçant aucune activité a explosé en France en avril. Le confinement généralisé en vigueur sur fond de crise sanitaire s'est traduit par une hausse mensuelle sans précédent qui a porté les effectifs de la catégorie A à un record de plus de 4,5 millions de personnes.

Selon les données publiées jeudi 28 mai par le ministère du Travail et Pôle emploi, le nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie A – sans aucune activité – en France (hors Mayotte) a bondi de 22,6 % le mois dernier, soit 843 000 personnes supplémentaires par rapport au mois de mars.

Le nombre de chômeurs avait enregistré une hausse record de 7,1 % sur un mois en mars dans la catégorie A.

Au total, l'effectif des catégories A, B et C ne s'accroît que de 209 300, soit + 3,6 %. Cela constitue néanmoins "la plus forte hausse mensuelle jamais enregistrée" depuis la création de ces statistiques en 1996, et l'effectif franchit pour la première fois la barre des six millions à 6,064 millions des demandeurs d'emploi.

Du fait du confinement intégral en avril, beaucoup de salariés en contrats courts (intérim ou CDD), qui étaient déjà inscrits en catégories B (activité réduite de moins de 78 heures) et C (plus de 78 heures) n'ont plus travaillé du tout et ont basculé en A.

En conséquence, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A, qui a déjà connu une hausse historique de 7,1% en mars, a augmenté de 22,6% pour s'établir à 4,575 millions, un nouveau record. Mais le nombre de ceux en activité réduite (B, C) a lui diminué fortement (-29,9%).

"Ainsi, trois quarts de la hausse en catégorie A est liée à des demandeurs d'emploi en activité réduite (catégories B et C) le mois précédent et qui ont cessé toute activité", explique Pôle emploi.

Le quart restant est le résultat de la différence entre les entrées directes en catégorie A de personnes non inscrites en mars et les sorties de Pôle emploi.

Hausse du chômage prévisible

Le ministère du Travail a jugé cette hausse du chômage "prévisible" car le confinement a conduit "à des non-renouvellements de missions d'intérim ou de contrats courts ainsi qu'à une baisse des embauches en contrats de courte durée".

"Le chômage augmente donc parce que les entreprises, dans le contexte actuel, n'embauchent plus, mais pas parce qu'elles licencient massivement", du fait de la mise en place d'un système très large de chômage partiel qui a bénéficié à 8,6 millions de salariés en avril, en conclut-il.

Néanmoins, les perspectives pour les prochains mois sont sombres, en premier lieu pour les jeunes de moins de 25 ans, les plus touchés par la hausse (+ 29,4%).

"La crise sanitaire se transforme en crise économique et sociale"

"La crise sanitaire, elle se transforme, comme on le prévoyait, en une crise économique et sociale qui peut être profonde", a reconnu jeudi sur BFMTV la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Son ministère a indiqué qu'un plan de relance de l'apprentissage, secteur dont la dynamique risque d'être percutée de plein fouet par la crise, serait présenté "d'ici la fin de la semaine prochaine".

Les syndicats réclament la réforme de l'assurance-chômage

Pour les demandeurs d'emploi, au-delà des mesures d'urgence prises pendant le confinement comme la prolongation des droits jusque fin mai, le ministère "examine les propositions des organisations syndicales et patronales pour adapter rapidement nos règles d'assurance chômage".

Les syndicats réclament unanimement l'abandon de la réforme de l'assurance chômage, et notamment son second volet, qui durcit le calcul de l'allocation pour les travailleurs alternant contrats courts et périodes de chômage. Le gouvernement ne l'a pour l'instant que reporté d'avril à septembre.

Plusieurs associations de chômeurs réclament, eux, "une année blanche" à l'image de ce qui a été annoncé aux intermittents du spectacle, qui bénéficieront d'une prolongation de leurs droits jusqu'à la fin août 2021.

Avec AFP et Reuters

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