L'humoriste engagé Guy Bedos est mort à 85 ans

L'humoriste Guy Bedos pose lors d'une séance photo à Boulogne-Billancourt, en décembre 2016.
L'humoriste Guy Bedos pose lors d'une séance photo à Boulogne-Billancourt, en décembre 2016. © Joël Saget, AFP

Redresseur de torts à la fois tendre et féroce, l'humoriste et comédien Guy Bedos est décédé à l'âge de 85 ans, a annoncé jeudi son fils Nicolas sur les réseaux sociaux.

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Son humour était féroce, son regard espiègle mais son sourire tendre. L'humoriste Guy Bedos est décédé à l'âge de 85 ans, a annoncé jeudi son fils Nicolas sur les réseaux sociaux.

"Il était beau, il était drôle, il était libre et courageux. Comme je suis fier de t'avoir eu pour père. Embrasse (Pierre) Desproges et (Jean-Loup) Dabadie, vu que vous êtes tous au Paradis", a annoncé Nicolas Bedos sur Instagram et Twitter.

Sa mort survient quelques jours après celui de son ami, le parolier Jean-Loup Dabadie, qui a notamment écrit pour lui le sketch "Bonne fête Paulette".

Consécration en 1968

Pied noir né à Alger en 1934, Guy Bedos s'est fait connaître grâce à des sketchs mordants, en duo d'abord avec Sophie Daumier qu'il épouse, dont celui consacré à la "drague" qui les révèle au grand public au début des années 1960.

La consécration vient en 1968 avec un seul sur scène à Bobino, puis des rôles sur grand écran, très souvent devant la caméra d'Yves Robert.

Ses plus grands succès sont "Un éléphant ça trompe énormément" (1976) et "Nous irons tous au paradis" (1977). Il travaille aussi pour Marcel Carné, Claude Berri ou Patrice Chéreau.

Un demi-siècle après ses débuts, il a fait ses adieux au one-man-show à l'Olympia, en 2013. Mais il a continué à faire du théâtre. Sa longévité, il l'expliquait ainsi à "Libération" : "Je pense, par ma résistance affichée à tous les pouvoirs, être devenu un porte-parole."

Sniper de la "gauche couscous"

Il adorait jouer les éditorialistes, muni de ses fameuses fiches, exerçant sa verve contre la famille Le Pen, ses gibiers de choix, mais aussi Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Nadine Morano – qui le poursuivit pour diffamation mais perdit son procès en 2015 –, ou François Hollande et Manuel Valls.

Car, au fil des ans, le défenseur des sans-papiers (il manifestait encore en faveur des migrants de Calais à 80 ans), l'admirateur du Camus de l'Algérie solaire et du combat pour les libertés, réservait ses piques les plus vachardes à son camp.

Petit gabarit aux cheveux devenus blancs, aux yeux noirs restés espiègles, ce sniper appartenant à "la gauche couscous" canardait avec virulence "la gauche caviar" en précisant : "Je ne peux pas être déçu par la droite, vu que la droite, je m'en tape. Il n'y a que la gauche pour me décevoir."

Ceux qui ne l'aimaient pas le traitaient de "méchant" : "On m'a collé cette réputation, ce que je récuse. Je ne cherche pas à blesser à tout prix. Mais je peux être violent, oui", admettait-il.

Marié 3 fois – avec Karen Blanguernon, Sophie Daumier (décédée en 2003, des suites d'une maladie génétique rare) et Joëlle Bercot –, il est père de quatre enfants, Leslie, Mélanie, Victoria et Nicolas, devenu scénariste et réalisateur à succès.

Avec AFP

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