Municipales : un front républicain à Perpignan contre le candidat d'extrême droite

Le candidat d'extrême droite Louis Aliot (RN) sur scène lors d'une réunion dans le cadre des élections municipales à Perpignan, le 31 janvier 2020.
Le candidat d'extrême droite Louis Aliot (RN) sur scène lors d'une réunion dans le cadre des élections municipales à Perpignan, le 31 janvier 2020. © Raymond Roig, AFP

Un front républicain voit le jour à Perpignan pour le second tour des municipales. Les désistements de l'écologiste Agnès Langevine et du marcheur Romain Grau, arrivés 3e et 4e au premier tour, ont ouvert la voie à un nouveau duel entre Louis Aliot (RN) et le maire sortant, Jean-Marc Pujol (LR).

Publicité

Le second tour des élections municipales, qui doit se tenir le 28 juin, prend la forme d'un front républicain contre l'extrême droite à Perpignan, dans le sud de la France. Après le retrait, jeudi, du candidat LREM pour le second tour, c'est la candidate écologiste qui a jeté l'éponge, samedi 30 mai.

Ni Agnès Langevine, vice-présidente du Conseil régional d'Occitanie, ni Romain Grau, député et camarade de promotion d'Emmanuel Macron à l'ENA, ne pouvaient espérer rattraper leur retard sur le député Rassemblement national, Louis Aliot (35,6 %), et le maire sortant, Jean-Marc Pujol (18,5 %). Et une triangulaire, voire une quadrangulaire, aurait grandement favorisé le candidat de l'extrême-droite. 

Samedi matin, la candidate écologiste (14,5 % des voix) a jeté l'éponge en invoquant "un devoir républicain de salubrité publique", dans une déclaration transmise à l'AFP. "J'appelle tous.tes les électeurs.trices à user de leur vote pour confiner définitivement les ambitions du candidat du Rassemblement national et à voter pour la liste qui lui reste opposée", a-t-elle déclaré.

>> À lire : Municipales 2020 : à Perpignan, la tentation Louis Aliot ou "le choix par dépit"

Et l'écologiste d'ajouter : "J'ai peur de voir les Perpignanais.es orienter leur colère et leur rage vers un choix mortel. Celui du déclin de la ville, du repli identitaire et du déconfinement de la haine".

"Fragile front républicain"

Jeudi, c'est le candidat LREM Romain Grau (13 % au premier tour) qui avait renoncé, un "retrait républicain" visant aussi à empêcher le parti lepéniste de s'emparer de la mairie de cette ville de 120 000 habitants.

Le patron d'En Marche, Stanislas Guerini, avait salué le décision. "Renoncer à faire campagne est une décision difficile mais notre ligne est claire : nous ne serons jamais les marchepieds du FN", avait-il réagi. Une candidate sur la liste LREM à Perpignan a, cependant, décidé de soutenir Louis Aliot

"En route vers un fragile front républicain", a titré le journal local L'Indépendant, soulignant l'écart du premier tour entre Aliot et Pujol.

En 2014, après un premier tour serré (34 % pour Aliot, 30,5 % pour Pujol), le maire LR avait clairement battu le candidat lepéniste au second tour (55 %-45 %), grâce au désistement du candidat PS et au bon report des voix d'autres listes.

Jean-Marc Pujol, un avocat de 71 ans, est conseiller municipal depuis 1989 et maire depuis 2009, lorsqu'il avait succédé à son mentor Jean-Paul Alduy. Son score du premier tour (18,5 %) est faible pour un maire sortant, mais ce pied-noir pugnace est prêt à en découdre.

Participation de 40 % au premier tour

Louis Aliot s'est moqué de ces désistements, y voyant "une escroquerie qui permet à un système failli et corrompu de se maintenir en place".

Cet avocat de 50 ans à l'origine de la ligne plus modérée du RN pense que cette fois, les électeurs ne suivront pas. "Pas facile de faire une campagne venimeuse anti-Pujol, puis de se désister et d'appeler à voter pour lui. L'automatisme du front républicain ne fonctionne plus, depuis que j'ai été élu député (en 2017)", affirme-t-il à l'AFP.

Après trois revers aux municipales, Louis Aliot n'a jamais été aussi proche de rafler la mise à Perpignan, 12 ans après son implantation dans la cité catalane.

Malgré les appels à voter contre lui, l'ancien compagnon de Marine Le Pen se montre optimiste : "Il n'y aura plus le front du refus de la dernière fois. Il a 32 points à remonter et on lui a siphonné une partie de son électorat... Les gens à Perpignan se sont habitués au vote en ma faveur, les gens me connaissent".

Pour lui, la seule incertitude concerne la participation. "C'est l'enjeu de la campagne. On ne mesure pas très bien si les gens se déplaceront pour aller voter ou pas". Au premier tour, seulement 26 000 électeurs sur 66 000 inscrits se sont rendus aux urnes, soit une participation exceptionnellement basse de 40 %.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine