Nouvelle-Calédonie : le référendum sur l'indépendance reporté au 4 octobre à cause du Covid-19

Des électeurs de Nouvelle-Calédonie dans un bureau de vote, le 15 mars 2020, pour le premier tour des élections municipales à Nouméa.
Des électeurs de Nouvelle-Calédonie dans un bureau de vote, le 15 mars 2020, pour le premier tour des élections municipales à Nouméa. © Théo Rouby, AFP

En raison de la crise du coronavirus, le gouvernement français propose samedi de reporter le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie du 6 septembre au 4 octobre.

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Édouard Philippe a proposé, samedi 30 mai, de reporter au 4 octobre le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie initialement prévu le 6 septembre, en raison des difficultés logistiques nées de la crise du Covid-19.

Le Premier ministre a transmis un projet de décret avec cette nouvelle date aux présidents du gouvernement et du congrès de Nouvelle-Calédonie pour avis consultatif sous 15 jours, selon un communiqué de Matignon. Le texte devrait être présenté en Conseil des ministres dans la deuxième quinzaine de juin, l'État fixant la date du référendum.

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"Dans le souci de garantir le caractère irréprochable de l'organisation du référendum", le Premier ministre "propose que la date du référendum" sur l'accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie, "initialement arrêtée au 6 septembre 2020, soit fixée au 4 octobre 2020", explique le communiqué.

Car même si "les opérations de préparation du référendum ont été poursuivies" pendant la crise sanitaire, "un risque demeure sur l'encadrement des procédures de vote", explique Matignon.

"Assurer le caractère irréprochable de l'organisation du référendum"

"Notre capacité à réunir 250 candidatures pour les observateurs nationaux et internationaux, et à les acheminer en Nouvelle-Calédonie dans des délais compatibles avec les trois semaines de quarantaine requises à ce jour" pour chaque arrivant en Nouvelle-Calédonie "n'est pas assurée", ajoute le communiqué.

Grâce à une réduction drastique des vols internationaux et une quarantaine très stricte, la Nouvelle-Calédonie n'a comptabilisé que 18 cas de Covid-19.

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Dans des courriers au président du gouvernement, le loyaliste Thierry Santa (Avenir en Confiance, proche des Républicains), et au président du Congrès, l'indépendantiste kanak Rock Wamytan (UC-FLNKS), le Premier ministre souligne que cette difficulté d'arriver dans des délais compatibles avec la quarantaine se pose aussi pour "les missions des organisations internationales et les journalistes" amenés à suivre le référendum.

Il s'agit d'"assurer le caractère irréprochable de l'organisation du référendum, afin que son résultat soit incontestable et incontesté", argumente-t-il.

Possible troisième référendum d'ici 2022 en cas de de victoire du non

Après le premier référendum, qui s'est tenu le 4 novembre 2018 et a vu la victoire du "non" à l'indépendance (56,7 %), la date d'un deuxième référendum avait été fixée par le Premier ministre au 6 septembre 2020, moins de deux ans après le premier, comme prévu par l'accord de Nouméa qui organise la décolonisation progressive de l'archipel.  

La nouvelle date du 4 octobre "permet de conserver l'ensemble des alternatives possibles visant à éviter la concomitance des échéances électorales nationales du printemps 2022" et "à envisager une éventuelle troisième consultation en 2021 ou en 2022", garantit Édouard Philippe. "Le gouvernement s'engage à ce que le calendrier global du processus de consultation ne soit pas modifié", promet-il.

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Si le "non" à l'indépendance gagne à nouveau en 2020, un troisième référendum pourra ensuite avoir lieu d'ici 2022, en vertu de l'accord de Nouméa.

Ces dernières semaines, les indépendantistes du FLNKS avaient officiellement demandé le report du référendum à fin octobre ou début novembre, afin d'"éviter un chevauchement" avec la campagne du second tour des municipales fin juin. Si Calédonie Ensemble, formation loyaliste de centre droit, est favorable à un report, l'Avenir en Confiance y est opposé.

Avec AFP

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