En Algérie, deux figures principales du Hirak vont être libérées

Un manifestant algérien brandissant un panneau appelant à la libération de Karim Tabbou, à Alger, le 27 septembre 2019.
Un manifestant algérien brandissant un panneau appelant à la libération de Karim Tabbou, à Alger, le 27 septembre 2019. © Ryad Kramdi, AFP

Deux leaders du Hirak en Algérie, Karim Tabbou et Samir Benlarbi, vont être grâciés par le président Abdelmadjid Tebboune. Une source politique indique qu'ils doivent être libérés prochainement. Une soixantaine de personnes liées à ce mouvement de contestation sont toujours incarcérés.

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"Le président Abdelmadjid Tebboune m'a assuré qu'il userait de ses prérogatives constitutionnelles pour que Karim Tabbou et Samir Benlarbi retrouvent leur liberté", a déclaré mardi 2 juin à l'AFP Sofiane Djilali, chef d'un parti d'opposition en Algérie, qui a intercédé en faveur des deux leaders du Hirak. 

Reçu à sa demande par le chef d'État algérien, Sofiane Djilali a précisé que les deux figures du mouvement allaient être prochainement libérées. 

"C'est un engagement solennel de sa part", a ajouté le président du parti, Jil Jadid, en soulignant que le président algérien avait indiqué qu'il "n'interférait pas directement en ce qui touche [à] la justice".

Dans le droit algérien, le chef de l'État bénéficie d'un droit de grâce. Celui-ci ne concerne en principe que les détenus définitivement condamnés, ce qui est le cas de Karim Tabbou, vétéran de l'opposition qui purge une peine d'un an de prison ferme pour "atteinte à l'intégrité du territoire national".

"Je pense qu'ils ont suffisamment payé. C'est très bien qu'ils retrouvent leur liberté et leur foyer", a ajouté Sofiane Djilali.

Une soixantaine d'opposants détenus

Le militant Samir Benlarbi, opposant de longue date du régime, est en revanche en détention préventive depuis le 7 mars.

Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien, une soixantaine de personnes sont actuellement détenues pour des faits liés au Hirak. 

Plusieurs ONG algériennes et internationales réclament la libération "immédiate et sans condition", ainsi que celle "de tous les prisonniers et prisonnières d'opinion incarcérés [en Algérie]". 

Le Hirak réclame un changement du système en place depuis l'indépendance du pays en 1962. En avril 2019, le départ du président Abdelaziz Bouteflika après vingt ans de règne.

Avec AFP

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