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Mort d'Adama Traoré : des milliers de manifestants se rassemblent à Paris

Un manifestant tient une pancarte durant la manifestation, mardi 2 juin, contre les violences policières et en hommage à Adama Traoré, mort en 2016.
Un manifestant tient une pancarte durant la manifestation, mardi 2 juin, contre les violences policières et en hommage à Adama Traoré, mort en 2016. © Stéphane de Sakutin, AFP
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Vidéo par : Florent RODO
4 min

Une manifestation, interdite par la préfecture de police, a rassemblé mardi des milliers de personnes en mémoire d'Adama Traoré, un jeune Noir mort lors d'une interpellation en 2016, et contre les violences policières. Une nouvelle expertise médicale pointe la responsabilité des forces de l'ordre dans son décès.

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Une manifestation qui s'inscrit dans le contexte d'une forte contestation aux États-Unis après la mort de George Floyd. Des milliers de personnes ont manifesté au soir du mardi 2 juin contre les violences policières. Elles étaient rassemblées devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris, à l'appel du comité de soutien à la famille d'Adama Traoré – jeune homme noir de 24 ans, mort en 2016 après son interpellation – en dépit de l'interdiction de rassemblement prise par le préfet de police et pour raisons sanitaires.

"Aujourd'hui, ce n'est plus que le combat de la famille Traoré, c'est votre combat à vous tous […]. Aujourd'hui, quand on se bat pour George Floyd, on se bat pour Adama Traoré", a lancé Assa Traoré, sœur aînée d'Adama, face à des manifestants qui scandaient "Révolte" ou "Tout le monde déteste la police". 

Parmi les nombreux manifestants rassemblés sur le parvis du nouveau palais de justice de Paris et dans les rue alentours, des jeunes de toutes origines, mais aussi des "gilets jaunes", rassemblés derrières des pancartes "We will not be silent", "Silence = asphyxie" ou encore "Décolonisons la police".

Des heurts en fin de manifestation

À la fin du rassemblement, aux alentours de 21 h, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la manifestation et des heurts ont éclaté. Des manifestants ont jeté des projectiles et se sont rendus sur le périphérique. 

Un incendie a été allumé sous le périphérique au niveau de la porte de Clichy, tandis que plusieurs manifestants déplaçaient des barrières de chantier. Les pompiers sont intervenus et les forces de l'ordre sont intervenues pour disperser les manifestants. Dix-huit personnes ont été interpellées au cours de ces incidents, a annoncé la préfecture de police mercredi.

"La violence n'a pas sa place en démocratie", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Christopher Castaner. "Rien ne justifie les débordements survenus ce soir à Paris, alors que les rassemblements de voie publique sont interdits pour protéger la santé de tous", a ajouté le ministre, félicitant "les forces de sécurité et les secours pour leur maîtrise et leur sang-froid".

Prévue à 19h, la manifestation avait été interdite plus tôt dans la journée par la préfecture de police, qui signalait qu'elle "n'[avait] fait l'objet d'aucune déclaration préalable et pouvant rassembler de nombreuses personnes, n'est pas autorisé [en raison de l'état d'urgence sanitaire qui proscrit tout rassemblement public de plus de dix personnes]", expliquait la préfecture de police dans un communiqué.

Une nouvelle expertise médicale

Le 19 juillet 2016, Adama Traoré est décédé dans une caserne de sa ville de Beaumont-sur-Oise, dans le Val-d'Oise. Sa mort est survenue près de deux heures après son arrestation, au terme d'une course-poursuite avec les gendarmes. Selon une nouvelle expertise médicale demandée par sa famille, son décès serait lié à une technique d'interpellation employée par les gendarmes. 

L'affaire est devenue une bataille entre les experts judiciaires qui écartent la responsabilité des gendarmes et ceux choisis par la famille qui balayent leurs conclusions. La semaine dernière, une expertise judiciaire avait écarté la responsabilité des gendarmes

Assa Traoré, la sœur d'Adama et porte-parole du comité la "Vérité pour Adama" à l'initiative du rassemblement, a dénoncé un "déni de justice" dans cette affaire, devenue, pour ses défenseurs, un symbole des violences policières.

Soutien d'un joueur de NBA

Alors que les émeutes s'intensifient aux États-Unis, le joueur français de NBA Vincent Poirier, actuellement pivot des Boston Celtics, a indiqué mardi au journal L'Équipe avoir pris part aux manifestations contre les violences policières. 

"À l'époque d'Adama Traoré, je n'avais pas cette reconnaissance, mais maintenant que je l'ai, j'essaie de l'utiliser. Le fait que je joue pour les Celtics a un impact supplémentaire", a-t-il expliqué.

Il a ajouté vouloir user de son statut dans le monde du sport pour attirer l'attention sur ces questions.

Avec AFP et Reuters

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