Covid-19 : le Brésil franchit le cap des 30 000 morts

Des Brésiliens manifestent contre la gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19 par leur gouvernement, le 2 juin 2020.
Des Brésiliens manifestent contre la gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19 par leur gouvernement, le 2 juin 2020. © Reuters

Quatrième pays au monde le plus touché par la pandémie de coronavirus,  avec plus de 30 000 morts, le Brésil a déploré hier son bilan quotidien le plus lourd avec 1 262 morts supplémentaires. En phase ascendante de la maladie, le pays engage pourtant un déconfinement. 

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Le Brésil a connu, mardi 2 juin, un record de décès liés au Covid-19 en 24 heures, franchissant ainsi le cap des 30 000 morts. Une forte progression de la maladie qui n'a pas empêché les autorités de Rio de Janeiro ou Sao Paulo d'amorcer un déconfinement.

Le pays a déploré 1 262 morts supplémentaires, le pire bilan quotidien depuis le 21 mai (1 188), a annoncé le ministère de la Santé.

Le Brésil, pays de 212 millions d'habitants qui représente plus de la moitié des cas de contamination et des morts du coronavirus en Amérique latine, a enregistré 555 383 cas confirmés de Covid-19, après une progression - forte elle aussi - de près de 29 000 contaminations en 24 heures.

Progression du Covid-19 à Rio et Sao Paulo

Ces chiffres, dont la communauté scientifique estime qu'ils sont grossièrement sous-évalués, situent le Brésil à la 4e place mondiale pour les morts, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Italie.Toutefois, avec 146 décès par million d'habitants, le Brésil a un ratio encore beaucoup plus bas que celui de l'Italie (554) ou des États-Unis (plus de 300).

Les deux États brésiliens les plus touchés sont Sao Paulo et Rio de Janeiro, dans le sud-est.

Dans celui de Sao Paulo, l'évolution de la pandémie est particulièrement préoccupante, avec les chiffres les plus élevés à la fois de décès et de contaminations en 24 heures depuis l'apparition du premier cas de Covid-19 du Brésil dans cet Etat, le 26 février. Locomotive économique et culturelle du pays, l'État déplorait mardi soir 7 994 décès (+ 327) et 118 295 cas (+ 6 999). Le maire de Sao Paulo a prolongé jusqu'au 15 juin un confinement qui n'est assorti d'aucune mesure coercitive.

Dans l'État de Rio de Janeiro, grand pôle touristique du pays, 5 686 morts ont été recencés et plus de 56 000 cas de contamination. Pourtant Rio a entamé son déconfinement.

Déconfinement précipité

"La mairie [de Rio] aurait dû attendre que la courbe s'infléchisse, comme l'ont fait les autres pays qui ont commencé à diminuer leurs restrictions. Ce n'est pas du tout le cas à Rio, où la courbe reste en pleine ascension", a expliqué à l'AFP Paulo Buss, de l'institut de recherches de la Fiocruz.

Au vu des taux élevés de contamination, des scientifiques ont jugé précipité le début du déconfinement au Brésil, une étape qu'aucun autre pays n'a apparemment franchie alors qu'il était encore en phase ascendante de la pandémie.

Le confinement a fait l'objet de violentes confrontations entre les gouverneurs des États, qui ont un pouvoir décisionnaire en matière de santé publique, et un président Jair Bolsonaro appelant la population, de manière insistante, parfois provocante, à reprendre le travail pour éviter "la faim et la misère" au Brésil. Dimanche encore, le chef d'État a pris un bain de foule à Brasilia parmi ses partisans.

Avec AFP

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