Covid-19 : inquiétude après une hausse record des cas en Iran

Certains Iraniens portent des masques, le 3 juin 2020, dans les rues de Téhéran, où les cas de Covid-19 sont en hausse.
Certains Iraniens portent des masques, le 3 juin 2020, dans les rues de Téhéran, où les cas de Covid-19 sont en hausse. © AFP
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La hausse des nouveaux cas de Covid-19 en Iran, au plus haut depuis le début de la pandémie, inquiète les autorités, qui multiplient les avertissements et enjoignent la population à ne pas oublier que la maladie est toujours là.

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Le Covid-19 repart à la hausse en Iran. Les nouveaux cas confirmés d'infection ont atteint un record, avec 3 574 personnes contaminées en 24 heures, a déclaré jeudi 4 mai le porte-parole du ministère de la Santé iranien, Kianouche Jahanpour.

L'indicateur des nouvelles contaminations, reparti à la hausse depuis un mois, a vu celles-ci s'accélérer au cours des derniers jours, jusqu'à dépasser le pic de 3 186 nouveaux cas déclarés atteint le 30 mars.

Avec 59 nouveaux décès entre mercredi et jeudi, le nombre des morts provoquées chaque jour par le Covid-19 reste relativement faible, selon les chiffres communiqués par Kianouche Jahanpour.

Si le nombre officiel des décès quotidiens oscille globalement sous la barre des 100 depuis quelques semaines, le nombre de nouveaux cas annoncés par les autorités a entamé une tendance de hausse depuis le 2 mai.

La hausse des cas recensés pourrait être liée à la multiplication des tests, dont plus d'un million ont été réalisés selon le responsable iranien, alors que le dépistage devient plus systématique au fil du temps.

Les responsabilités rejetées sur la population

Le président, Hassan Rohani, ne manque pas une occasion de rappeler à quel point son gouvernement a bien géré, selon lui, la crise sanitaire – en dépit d'une situation rendue particulièrement difficile par les sanctions américaines – par comparaison avec les pays européens ou les États-Unis, ennemi juré de la République islamique et pays le plus touché par le virus.

Mais son ministre de la Santé, Saïd Namaki, médecin de profession, tient un discours nettement moins victorieux. Cité mardi par l'agence de presse Isna, le responsable iranien s'est inquiété "que des gens soient devenus complètement imprudents" face à la maladie. "Ils ont soit totalement confiance en nous, soit ils pensent que le coronavirus est parti. Et cette dernière affirmation est complètement fausse", a-t-il ajouté.

Son adjoint, Iraj Harirchi, demande de réduire les "déplacements et voyages non-nécessaires", recommande "vivement" de porter un masque et regrette que la population soit, selon lui, nettement moins convaincue qu'auparavant de la nécessité de respecter les consignes sanitaires et de rester à la maison.

Pendant ce temps, à la télévision iranienne, un bandeau tourne en boucle rappelant les consignes sanitaires à respecter pour faire reculer le virus : "Le non respect de la distanciation sociale, des règles d'hygiène personnelle ou publique ainsi que les déplacements inutiles peuvent avoir des conséquences irréparables".  

Paradoxalement, la même chaîne diffuse plusieurs fois par jour sur fond de musique dramatique une infographie animée inculquant le message selon lequel, face à l'épidémie, l'Iran s'en sort beaucoup mieux que bien d'autres pays.

Dix provinces en état d'alerte sanitaire

Au total, l'épidémie de pneumonie virale a fait 8 071 morts en Iran sur un total de 164 270 personnes contaminées, selon les chiffres officiels. Ceux-ci sont jugés largement sous-estimés à l'étranger, ainsi que par certains responsables iraniens.

Le pays a commencé à assouplir graduellement en avril les restrictions et mesures destinées à enrayer la propagation de l'épidémie, à tel point que la vie a repris un cours presque normal dans la majeure partie des 31 provinces du pays.

Mais le Khouzestan, dans le sud-ouest du pays, repassé en "zone rouge" au début du mois de mai, et neuf autres provinces restent placées en état d'"alerte sanitaire".

Avec AFP

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