Les États-Unis vont suspendre des vols de compagnies chinoises, Pékin assouplit ses restrictions

Un employé de China Southern Airlines à l'aéroport de Mexico le 28 janvier 2020.
Un employé de China Southern Airlines à l'aéroport de Mexico le 28 janvier 2020. © Carlos Jasso, Reuters

L'administration Trump a décidé mercredi d'interdire temporairement les vols de compagnies chinoises en provenance et à destination des États-Unis. Quelques heures plus tard, la Chine a annoncé qu'elle allait autoriser davantage de compagnies aériennes étrangères à reprendre les liaisons avec la Chine continentale.

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Nouvelle escalade dans la querelle entre Washington et Pékin. L'administration de Donald Trump va interdire temporairement, à partir du 16 juin, des vols de compagnies aériennes chinoises en provenance et à destination des États-Unis.

Cette interdiction, annoncée mercredi 3 juin, visait à répondre au refus des autorités chinoises d'autoriser les compagnies aériennes américaines à reprendre leur activité en Chine malgré le déconfinement.

Or la Chine a déclaré jeudi qu'elle assouplissait ses restrictions. L'Autorité de l'aviation civile chinoise (CAAC) a indiqué dans un communiqué que des compagnies aériennes étrangères, dont les liaisons avec la Chine continentale sont actuellement suspendues, pourraient reprendre leurs opérations à partir du 8 juin, avec des vols une fois par semaine à destination de la ville de leur choix. Cet assouplissement ne concerne pas Hong Kong et Macao, qui ont leurs propres règlementations aériennes.

L'interdiction américaine affecte sept compagnies chinoises, dont les mastodontes Air China et China Eastern Airlines, mais ne concerne pas les avions cargo.

"Violation"

"Les compagnies aériennes américaines ont demandé à reprendre le service (en Chine), à partir du 1er juin. La défaillance du gouvernement chinois à approuver leurs demandes est une violation de l'accord" sur le transport aérien liant les deux pays depuis 1980, avait expliqué le ministère américain mercredi pour justifier sa décision.

Delta Air Lines et United Airlines avaient suspendu en février et en mars leurs vols depuis et vers la Chine en raison de la pandémie de Covid-19 et pour se conformer aux restrictions de voyages annoncées début février par le gouvernement américain.

Elles souhaitaient reprendre l'activité dans le pays ce mois-ci et avaient par conséquent soumis en mai leurs demandes auprès des autorités de l'aviation civiles chinoises. Pékin a autorisé en mars les compagnies aériennes locales à opérer un vol par semaine depuis et vers un pays étranger, une limitation visant à contenir la propagation du virus.

Annonce saluée

Actuellement, quatre compagnies aériennes chinoises exploitent des vols entre les États-Unis et la Chine contre zéro pour les groupes américains, d'après le DoT, qui affirme que certaines effectuent des vols charters afin de contourner la limitation d'un vol par semaine et accroître leur avantage concurrentiel.

Les représailles américaines ont été saluées par les compagnies locales, Airlines for America, le groupe de pression du secteur, y voyant un moyen d'assurer "l'équité" et une concurrence saine.

"Nous serons ravis de reprendre le service entre les États-Unis et la Chine quand l'environnement règlementaire nous l'autorisera", a pour sa part dit United, tandis que Delta a applaudi des mesures destinées à "faire respecter nos droits et garantir l'équité".

En attendant un geste de Pékin ?

Washington s'est néanmoins dit mercredi prêt à infléchir sa décision si Pékin faisait un geste vis-à-vis des groupes américains. "Notre but principal n'est pas de perpétuer cette situation mais d'améliorer les choses afin que les transporteurs des deux côtés puissent exercer complètement leurs droits bilatéraux", affirment les autorités américaines.

Elles assurent que si le CAAC, le régulateur aérien chinois, ajustait sa politique vis-à-vis des compagnies aériennes américaines, Washington serait de son côté "totalement préparé à réexaminer sa décision".

Les relations sino-américaines se sont récemment envenimées, avec la multiplication de pommes de discorde, dont le dernier en date et le plus brûlant concerne Hong Kong.

Avec AFP et Reuters

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