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George Floyd, icône des violences policières aux quatre coins du monde

Les artistes syriens, Aziz Asmar et Anis Hamdoun, ont peint, le 1er juin 2020, une fresque avec le visage de George Floyd sur un mur en ruine à Idleb, en Syrie, en hommage à toutes les victimes des atteintes aux droits de l'Homme.
Les artistes syriens, Aziz Asmar et Anis Hamdoun, ont peint, le 1er juin 2020, une fresque avec le visage de George Floyd sur un mur en ruine à Idleb, en Syrie, en hommage à toutes les victimes des atteintes aux droits de l'Homme. © Omar Haj Kadour, AFP
8 mn

Les États-Unis vivent au rythme des manifestations depuis la mort de George Floyd, tué le 25 mai à Minneapolis lors d’une interpellation policière. Mais l'indignation a dépassé les frontières américaines. L'Afro-Américain est devenu un symbole international des victimes de violences policières et autres atteintes aux droits de l'Homme. 

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Depuis la mort de George Floyd, afro-américain tué à 46 ans lors d'une interpellation policière à Minneapolis, une vague de contestation a déferlé sur les États-Unis. Des milliers de personnes ont défilé aux quatre coins du pays, de New York à Washington, en passant par Seattle ou Los Angeles, pour demander la fin des discriminations raciales et des violences policières.

Tous réunis sous le hashtag #BlackLivesMatter, les manifestants pacifiques américains ont fait des émules. L'indignation a dépassé les frontières et George Floyd est devenu un symbole international des victimes de violences policières. Des manifestations de soutien ont émergé au Canada, au Brésil, aux Pays-bas, en France, au Royaume-Uni, en Nouvelle Zélande, en Suisse ou encore en Autriche.

#BlackLivesMatter : la mémoire des victimes noires

La mort de George Floyd a réveillé dans ces pays la mémoire de ceux qui, comme lui, ont été victimes de violences policières. À commencer par la France où plus de 20 000 personnes se sont rassemblées le 3 juin devant le Tribunal de grande instance de Paris, ainsi que dans plusieurs villes de province, pour demander justice pour Adama Traoré, le jeune homme mort d'asphyxie lors d'une interpellation policière à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) en juillet 2016.

Au Canada, c'est le nom de Regis Korchinski-Paquet qui a émergé aux côté de celui de George Floyd. Cette femme noire de 29 ans est morte le 27 mai, après être tombée par la fenêtre du 24e étage de son appartement à Toronto, lors d'une intervention policière. Samedi dernier, des milliers de personnes  ont manifesté à Toronto pour protester contre la mort de Noirs non armés aux mains de la police.

En Suisse, des manifestations ont dénoncé la technique policière du plaquage ventral. Des internautes ont notamment rappelé la mémoire de Mike Ben Peter, un Nigérian de 40 ans, arrêté par la police pour contrôle de stupéfiants en février 2018 à Lausanne. Transporté inconscient à l'hôpital, l'homme, marié et père de deux enfants, est décédé le lendemain des suites du plaquage policier.

#PalestinianLivesMatter : Floyd ou l'étendard des minorités discriminées

La figure de George Floyd n'est pas seulement brandie pour dénoncer les violence à l'égard de la communauté noire, mais a été récupérée par différente communautés pour en faire le symbole de minorités opprimées, en Israël, en Turquie ou en Australie. 

Le hashtag #PalestinianLivesMatter (La vie des Palestiniens compte) a émergé sur les réseaux sociaux après la mort de Iyad Hallak. Cet autiste palestinien a été tué le 29 mai par la police israélienne alors qu'il tentait de se rendre dans la Vieille Ville de Jérusalem, comme tous les jours, pour rejoindre son école. 

La mort de Floyd réveille aussi la colère de la communauté kurde qui évoque pour sa part le sort de Baris Cakan en Turquie. Le jeune Kurde de 20 ans a été tué le 30 mai à Ankara après une dispute avec trois hommes pour une sombre histoire de musique et de volume sonore. La communauté kurde a aussitôt dénoncé le mauvais traitement de la minorité en Turquie.

Plusieurs manifestations ont également eu lieu en Australie, dans la capitale Canberra, et dans le reste du pays, pour dénoncer les discriminations à l'égard de la minorité autochtone aborigène. Leur cri de ralliement : #AboriginalLivesMatter

#AllLivesMatter : les atteintes aux droits de l'homme dans le monde

Enfin, George Floyd est devenu un symbole des atteintes aux droits de l'Homme, en général. En Syrie, deux artistes se sont saisis de la figure de  Floyd pour évoquer la mémoire des victimes de la guerre, et plus particulièrement celle des hommes, des femmes, et des enfants de la Ghouta orientale, tués par des attaques chimiques imputées au régime de Bachar al-Assad.

Aziz Asmar et Anis Hamdoun ont peint le portrait de Floyd sur un mur en ruine d'Idleb, ville en partie détruite par les frappes aériennes du régime de Damas et de son allié russe. À côté de son visage, ils ont inscrit le slogan "I can't breathe" [je ne peux pas respirer] crié par George Floyd au moment de son interpellation. "George Floyd ne pouvait plus respirer, comme nos enfants qui sont morts de suffocation", expliquent-ils à Amnesty International. 

Les deux hommes expliquent avoir voulu envoyer un message de solidarité à toutes les "causes des droits humains". Comme eux, beaucoup insistent sur l'importance de ne pas "communautariser" les victimes, rappelant que chaque vie humaine compte, quelles que soient les couleurs de peaux, les origines ethniques ou religieuses. Un autre hashtag est né : #AllLivesMatter.

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