Russie : la progression de la "marée rouge" de carburant dans l'Arctique a été "stoppée"

L'un des réservoirs de diesel d'une centrale thermique appartenant à une filiale du géant minier Norilsk Nickel s'est effondré, provoquant une fuite de 20 000 tonnes d'hydrocarbures dans l'Arctique russe.
L'un des réservoirs de diesel d'une centrale thermique appartenant à une filiale du géant minier Norilsk Nickel s'est effondré, provoquant une fuite de 20 000 tonnes d'hydrocarbures dans l'Arctique russe. © European Space Agency, AFP

Le ministère russe des Situations d'urgence a annoncé vendredi que la progression des 20 000 tonnes d'hydrocarbures échappés d'une centrale thermique, qui se sont déversés dans une rivière de l'Arctique russe, a été "stoppée". Vladimir Poutine a pointé du doigt le manque de réactivité du président de l'entreprise.

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"La progression des hydrocarbures a été stoppée. Ils ne vont plus nulle part" grâce au déploiement d'un barrage de confinement flottant, a déclaré à l'AFP un représentant du ministère russe des Situations d'urgence de la région de Krasnoiarsk, vendredi 5 juin, ajoutant que le pompage du carburant avait commencé.

Échappés d'une centrale thermique, 20 000 tonnes d'hydrocarbures se sont déversés dans une rivière de l'Arctique russe, la semaine dernière.

"Des efforts sont faits pour éliminer la pollution", a poursuivi le ministère. Toutefois, ce dernier n'était pas en mesure de dire si la progression du carburant a été stoppé sur la rivière Ambarnaïa ou sur le lac Piassino, ce qui serait beaucoup plus grave car ses eaux s'écoulent dans le fleuve du même nom, très important pour la région.

Une nappe de carburant s'est répandue dans le grand nord russe.
Une nappe de carburant s'est répandue dans le grand nord russe. © Capture d'écran
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Les secours, à pied d'oeuvre pour tenter de limiter les dégâts

L'un des réservoirs de diesel d'une centrale thermique appartenant à une filiale du géant minier Norilsk Nickel s'est effondré la semaine dernière, provoquant une fuite de 20 000 tonnes d'hydrocarbures.

Selon les organisations écologiques, cette pollution est considérée comme le pire accident écologique dû aux hydrocarbures dans la région. Depuis, les secours sont à pied d'oeuvre pour tenter de limiter les dégâts, dans un contexte rendu compliqué par les difficultés d'accès au site et la faible profondeur de la rivière, qui empêche les opérations en bateau.

De son côté, le président russe, Vladimir Poutine, est monté au créneau mercredi, décrétant un état d'urgence et tançant publiquement des responsables locaux, notamment le président de la filiale de Norilsk Nickel, qui aurait tardé à réagir. L'entreprise a nié toute défaillance.

Un accident qui pourrait être attribué au changement climatique

Vendredi, le ministre des Situations d'urgence s'est rendu sur place pour suivre le déroulement des opérations de secours. Dans un communiqué, celui-ci a assuré que "200 tonnes de carburant et de lubrifiants ont été collectées" jusqu'à présent.

Selon Norilsk Nickel, le réservoir a été endommagé quand les piliers enfoncés dans le permafrost qui le soutenaient "depuis 30 ans" ont commencé à s'enfoncer, un accident qui pourrait être attribué à la fonte du permafrost due au changement climatique.

Suite à cet accident, la Russie a ordonné, vendredi, la révision de toutes les infrastructures à risque bâties sur le permafrost en fonte, un effet dû au changement climatique.

"Afin de ne pas répéter de telles situations impliquant des infrastructures à risque se trouvant sur des zones de pergélisol sujets à la fonte, le procureur général de Russie, Igor Krasnov, a ordonné (...) des vérifications en profondeurs des infrastructures concernées", a indiqué le Parquet dans un communiqué.

Comptant parmi les premiers producteurs mondiaux de nickel et de palladium, Norilsk Nickel n'en est pas à son premier accident écologique. En 2016 déjà, une de ses usines avait déversé par accident des produits chimiques dans une rivière du grand Nord, la teintant déjà de rouge.

Avec AFP

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