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Affaire Epstein : le prince Andrew refuserait de coopérer avec la justice américaine

Le prince Andrew, le 22 janvier 2015, durant le forum de Davos (Suisse).
Le prince Andrew, le 22 janvier 2015, durant le forum de Davos (Suisse). © EFE
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Alors que les avocats du prince Andrew affirment qu'il a proposé son aide à trois reprises au département américain de la Justice, le procureur fédéral de Manhattan rétorque, lundi, que le duc d'York se présente "faussement au public comme ayant hâte de coopérer à l'enquête" sur Jeffrey Epstein. 

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Le prince Andrew est-il prêt à coopérer avec la justice américaine dans l'affaire Epstein ? Ses avocats ont affirmé, lundi 8 juin, qu'il avait proposé "au moins trois fois" de témoigner dans ce dossier d'agressions sexuelles, mais le procureur fédéral de Manhattan l'a accusé de faire semblant.

Le deuxième fils de la reine Elisabeth II est sommé depuis des mois de s'expliquer sur ce qu'il savait des activités de son riche ami américain, retrouvé pendu dans sa cellule en août 2019, après avoir été accusé d'avoir exploité sexuellement des jeunes filles mineures.

La défense du prince a diffusé, lundi, une longue mise au point après la publication d'informations par le tabloïd The Sun et des médias américains, selon lesquels la justice américaine a saisi les autorités britanniques pour le contraindre à témoigner.

"Le duc d'York a proposé au moins trois fois son assistance en tant que témoin au département de la Justice" (DoJ), ont rapporté ses avocats. "Malheureusement, le DoJ a réagi à nos deux premières propositions en violant leurs propres règles de confidentialité" en affirmant qu'il n'avait pas coopéré, ont-ils déploré, accusant le département de "vouloir peut-être rechercher la publicité plutôt que d'accepter l'assistance proposée".

Une version contredite par le procureur fédéral de Manhattan

Des propos auxquels le procureur fédéral de Manhattan Geoffrey Berman, en charge de l'enquête, n'a pas tardé à démentir. Il a affirmé dans un tweet que le prince se présentait "faussement au public comme ayant hâte de coopérer à l'enquête (...)" alors qu'il avait "plusieurs fois refusé de caler un entretien avec les autorités américaines" et qu'il les avait informées "clairement il y a près de quatre mois qu'il ne se rendrait pas à un tel entretien".

Ces échanges ne peuvent qu'alimenter les soupçons qui entourent le prince, dans cette affaire retentissante qui embarasse la couronne britannique depuis 10 mois. 

Le ministre américain de la Justice William Barr a cependant indiqué, lundi, qu'il n'était pas question d'extrader le fils de la reine vers les États-Unis. "Je crois qu'il est juste question qu'il fournisse des informations, mais je ne vais pas commenter plus avant", a déclaré le ministre sur Fox News.

Retrait de la vie publique

La descente aux enfers du prince a commencé en août 2019 avec la publication aux États-Unis de documents judiciaires. Une femme, Virginia Roberts, y affirme avoir eu à trois occasions des relations sexuelles avec le prince, auxquelles Jeffrey Epstein l'aurait contrainte, lorsqu'elle avait 17 ans. Le duc d'York a toujours démenti ces allégations.

La publication d'une photo, montrant Virginia Roberts à cette époque enlacée par le prince, a fait le reste, ainsi qu'un autre cliché montrant le prince en train de se promener à New York avec le financier, alors même que ce dernier avait déjà été condamné et emprisonné pour prostitution en 2008.   

Pour se défendre, le prince Andrew a accordé en novembre une longue interview à la BBC, qui a tourné au fiasco, car il ne montrait aucun regret et semblait manquer d'empathie pour les victimes. Lâché petit à petit par les entreprises et les associations avec lesquelles il travaillait, il a fini par annoncer en novembre 2019 son retrait de la vie publique et se fait désormais discret.

Avec AFP

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