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La fracture entre Donald Trump et le Pentagone s'élargit

Le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, aux côtés de Donald Trump, le 7 octobre 2019.
Le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, aux côtés de Donald Trump, le 7 octobre 2019. © Brendan Smialowski, AFP (archives)
3 min

Le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, a regretté jeudi s'être montré aux côtés de Donald Trump après la dispersion de manifestations antiracistes, signe que la fracture s'élargit entre le Pentagone et le président américain.

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"Je n'aurais pas dû être là", a déclaré le général Milley. Alors que les États-Unis s'embrasent depuis la mort de George Floyd, le chef de l'état-major américain a publiquement regretté de s'être montré aux côtés de Donald Trump, après une manifestation antiraciste près de la Maison Blanche, le 1er juin.

La manifestation avait été dispersée afin de permettre au président d'être photographié, Bible en main, près d'une église dégradée la veille par les manifestants. Le général Milley s'est alors affiché aux côté du président et les images le montrant en tenue de camouflage avec Donald Trump avaient immédiatement été utilisées par la Maison Blanche dans une vidéo aux accents électoraux.

"Ma présence à ce moment-là et dans ces circonstances-là a donné l'impression que les militaires intervenaient dans la politique intérieure", a ajouté le plus haut gradé américain. "C'était une erreur dont j'ai tiré les leçons et j'espère sincèrement que nous pouvons tous en tirer des leçons", a-t-il poursuivi, l'air grave. "Nous devons respecter scrupuleusement le principe d'une armée apolitique, qui est profondément enraciné dans la quintessence de notre république."

Prise de conscience

D'anciens responsables militaires, notamment l'ex-ministre de la Défense Jim Mattis, s'étaient émus de ce qu'ils estimaient être une politisation de l'armée.

"Jamais je n'ai imaginé que des soldats qui prêtent le même serment puissent recevoir l'ordre, quelles que soient les circonstances, de violer les droits constitutionnels de leurs concitoyens – et encore moins pour permettre au commandant en chef élu d'aller poser pour une photo, de manière saugrenue, avec les chefs militaires à ses côtés", avait écrit l'ancien général des Marines dans les colonnes du magazine The Atlantic.

La Maison Blanche a vivement défendu la photo de Donald Trump devant l'église, évoquant sa volonté de "faire passer un message fort" et le comparant même au Premier ministre britannique Winston Churchill pendant la Seconde Guerre mondiale. 

La Défense se désolidarise de Donald Trump

Mais cet épisode paraît avoir provoqué une prise de conscience dans la hiérarchie militaire. Le ministre de la Défense s'est désolidarisé publiquement du président le 3 juin.

"Je ne suis pas favorable à décréter l'état d'insurrection", avait déclaré Mark Esper. Il avait lui aussi émis des regrets. "Je fais tout mon possible pour rester apolitique et pour éviter les situations qui peuvent paraître politiques. Quelquefois j'y arrive, d'autres fois je n'y arrive pas."

Mark Esper et le secrétaire à l'armée de Terre, Ryan McCarthy, se sont en outre dit cette semaine "ouverts à une discussion" sur le fait de rebaptiser 10 bases militaires portant le nom de généraux confédérés de la guerre de Sécession (1961-1865) qui étaient favorables à l'esclavage. Ils ont immédiatement été recadrés par le président qui dans une série de tweets s'est opposé catégoriquement à l'idée.

Avec AFP

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