Au Chili, le ministre de la Santé démissionne en pleine crise du Covid-19

Des ambulances sont garées à l'entrée des urgences de l'hôpital public de San José, à Santiago, au Chili, le 28 mai 2020.
Des ambulances sont garées à l'entrée des urgences de l'hôpital public de San José, à Santiago, au Chili, le 28 mai 2020. © Ivan Alvarado, Reuters

Alors que le Chili connaît une forte progression des cas de Covid-19, le ministre de la Santé, Jaime Manalich, a annoncé samedi sa démission. Les sept millions d'habitants de Santiago, la capitale, sont pourtant confinés depuis un mois. 

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Le ministre de la Santé chilien a démissionné samedi 13 juin après une semaine de polémique sur la hausse des cas de nouveau coronavirus et la méthodologie de comptage, alors que l'épidémie de Covid-19 est en pleine progression malgré le confinement imposé aux habitants de Santiago depuis un mois

"Je remercie Jaime Manalich pour son engagement", a déclaré le président Sebastian Pinera. Il a annoncé que son successeur serait le docteur Enrique Paris qui doit "relever un défi difficile et exigent".

Samedi, le Centre d'enquête journalistique (Ciper) a révélé que le ministère de la Santé avait transmis à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) un nombre de morts du Covid-19 bien supérieur au dernier bulletin officiel. 

Selon les chiffres donnés par le ministère chilien de la santé, le Chili totalisait, samedi 13 juin, 167 355 contaminations et 3 101 décès depuis l'apparition du premier cas le 3 mars. Or, les chiffres transmis à l'OMS font état, eux, de plus de 5 000 morts liés au Covid-19.

Des confinements variables dans un premier temps

La sous secrétaire d'État à la Santé, Paula Daza, a reconnu ces chiffres et expliqué que l'écart était lié aux différences de méthodologie : le rapport hebdomadaire à l'OMS intègre les décès confirmés liés au Covid-19 ainsi que les cas suspects, tandis que le rapport quotidien du gouvernement ne prend en compte que les cas confirmés par un test PCR, à partir d'un prélèvement profond dans le nez avec un écouvillon.

Le Chili a été l'un des premiers pays d'Amérique latine à décréter un état d'urgence sanitaire préventif dès le 7 février. Quelques semaines plus tard, il a fermé ses frontières, suspendu les cours, décrété un couvre-feu et mis en oeuvre une politique de dépistage massif.  

Mais contrairement à d'autres pays d'Amérique latine, le pays a opté pour des confinements modulables en fonction des foyers et non pas pour un confinement général.

Or, si ces quarantaines sélectives ont donné de bons résultats dans les quartiers aisés, elles se sont révélées bien moins efficaces dans les quartiers pauvres

Une hausse des contaminations significative

Alors que les aides promises par le gouvernement tardaient à arriver ou étaient jugées insuffisantes, de nombreux habitants ont continué à aller travailler jusqu'à mi-mai. L'explosion des contaminations a alors contraint les autorités à décréter le confinement pour les sept millions d'habitants de la capitale, depuis un mois. 

Le Chili a enregistré vendredi ses pires chiffres quotidiens concernant l'épidémie, avec 222 décès et 6 754 nouvelles infections au cours des dernières 24 heures.

"La situation dans notre pays continue à s'aggraver, surtout dans la région" de Santiago, a déclaré vendredi Arturo Zuniga, un responsable du ministère de la Santé. 

La crise sanitaire a atteint le Chili alors que le pays était secoué depuis des mois par une fronde sociale. Les mobilisations, souvent violentes, cherchaient à dénoncer les inégalités économiques et la déconnexion de l'élite politique de la réalité quotidienne de nombreux Chiliens.

Avec AFP

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