L'allocution attendue d'Emmanuel Macron en pleine crise économique, sociale et sanitaire

Emmanuel Macron lors d'une visite à Calais, le 26 mai 2020.
Emmanuel Macron lors d'une visite à Calais, le 26 mai 2020. © Ludovic Marin, Pool, AFP archives

À quelques jours d'une nouvelle étape du déconfinement, Emmanuel Macron doit s'exprimer dimanche soir pour présenter ses projets de redémarrage du quinquennat à moins de deux ans de l'échéance présidentielle. Une prise de parole qui a lieu alors que les tensions sociales et économiques s'accumulent.

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Le président de la République prend la parole, dimanche 14 juin à 20 h, pour une allocution solennelle depuis l'Élysée, la quatrième depuis le début de la crise du Covid-19. 

Emmanuel Macron devrait d'abord s'exprimer sur les sujets d'urgence, à commencer par la troisième étape du déconfinement prévue le 22 juin et ses principaux enjeux : réouverture des restaurants en Île-de-France, assouplissement des règles dans les écoles et levée de l'interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes – d'autant que le Conseil d'État, saisi en référé, a rétabli samedi la liberté de manifester. Les appels à accélérer le processus de déconfinement se sont multipliés ces derniers jours.

Emmanuel Macron devrait aussi revenir sur sa gestion de la crise, dont il n'a guère tiré de bénéfices politiques, sa cote de popularité continuant de baisser à l'inverse de celle du Premier ministre Édouard Philippe. Un remaniement est dans l'air, après le second tour des municipales le 28 juin.

Quelle "nouvelle étape" pour l'après-Covid ?

Cette allocution doit permettre à Emmanuel Macron, contraint de gérer l'urgence depuis trois mois, d'enfin commencer à se projeter sur l'après-Covid.

Il semble trop tôt pour présenter le plan de relance prévu à la rentrée. Les résultats du Ségur de la Santé pour renflouer l'hôpital pourraient, par ailleurs, faire l'objet d'une nouvelle allocution en juillet.

Mais à une semaine de la fin des travaux de la Convention citoyenne pour le Climat, le chef de l'État pourrait évoquer ses intentions sur l'écologie, affichée comme une priorité de la fin du quinquennat. Les propositions de la convention pourraient faire l'objet d'un référendum, hypothèse toujours envisagée selon son entourage.

Emmanuel Macron a évoqué pendant la crise sa volonté de "se réinventer", puis parlé d'une "nouvelle ère" et d'une "nouvelle étape".

Lors d'un déjeuner avec des éditorialistes jeudi, il s'est dit convaincu d'avoir fait les bons choix depuis trois ans. Pas question donc de remettre un impôt sur les plus riches, ni d'un "Grenelle des salaires". Il compte également reprendre le chantier de la retraite par points, malgré le conflit social qu'elle a suscité, et espère rallier des syndicats en revoyant des dispositions clivantes, comme l'âge pivot.

En revanche, le président pourrait promettre une nouvelle méthode, moins verticale, en "coconstruisant" ses décisions avec élus locaux ou partenaires sociaux. Il envisagerait enfin une déconcentration au profit des départements, tirant les leçons des lourdeurs de l'État central pendant la crise.

Une prise de position sur la question des violences policières ?

Le chef de l'État est aussi bousculé par un nouveau front, celui des manifestations contre le racisme et les violences policières, après la mort de George Floyd aux États-Unis et le rappel de celle d'Adama Traoré en 2016.

"Il ne faut pas perdre la jeunesse", s'est-il inquiété jeudi. Le président du Sénat Gérard Larcher a souligné que "l'ambiance n'est pas bonne dans ce pays".

Son ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé trop rapidement des sanctions à l'encontre de policiers en cas de "soupçon avéré" de racisme, provoquant leur colère, avant de reconnaître une erreur. Les syndicats de police demandent à être reçus par le chef de l'État.

Ces tensions pourraient pousser le président à s'exprimer sur le sujet. Selon Bruno Retailleau et Damien Abad, patrons respectivement des sénateurs et députés LR, "Le chef de l'État doit montrer aux Français qu'il est vraiment un chef et qu'il y a encore un État".

Au sein du gouvernement, plusieurs ont déjà avancé leurs idées pour mieux lutter contre les discriminations : la porte-parole Sibeth Ndiaye souhaite rouvrir "le débat autour des statistiques ethniques", tandis que le ministre de la Ville Julien Denormandie n'est prêt qu'à des "statistiques en fonction du lieu d'habitation" pour davantage de diversité en entreprise.

Avec AFP

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