La Maison Blanche tente d'empêcher la parution du livre de John Bolton

Le président américain Donald Trump et son ancien-conseiller John Bolton, lors d'une réunion à la Maison Blanche, le 7 février 2019.
Le président américain Donald Trump et son ancien-conseiller John Bolton, lors d'une réunion à la Maison Blanche, le 7 février 2019. © REUTERS/Leah Millis

Une action en justice a été engagée mardi par le gouvernement américain afin de bloquer la publication, prévue le 23 juin, du livre de John Bolton, l'ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. Il contiendrait des informations classifiées et n'aurait pas été approuvé en amont. 

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Le président américain Donald Trump avait prévenu que John Bolton enfreindrait la loi si son livre venait à paraître. Il a mis à exécution ses menaces. Le gouvernement américain a engagé, mardi 16 juin, une action en justice afin de tenter de bloquer la publication du livre de l'ancien conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, qui devrait dresser un portrait très critique de la présidence Trump.

La parution du livre, intitulé "The Room Where It Happened, A White House Memoir", est prévue le 23 juin, a déclaré l'avocat de John Bolton, Charles Cooper. 

La plainte, déposée auprès d'un tribunal fédéral, argue que le néoconservateur de 71 ans n'a pas fait approuver son texte en amont, et que son ouvrage est ainsi "clairement en violation des accords qu'il a signés comme condition de son emploi et de son accès à des informations hautement classifiées".

Au passage, le gouvernement glisse dans sa plainte que le conseiller avait "négocié" son récit "pour un montant d'environ deux millions de dollars".

Une phrase divulguée aux médias

Pour l'instant, une seule phrase tirée du livre a été communiquée aux médias. Et elle annonce la couleur : "J'ai du mal à trouver une seule décision importante de Trump, pendant la durée de mes fonctions, qui n'ait pas été guidée par un calcul en vue de sa réélection", écrit dans ses mémoires ce faucon, considéré comme un penseur de la frange souverainiste du camp républicain, hostile au multilatéralisme et volontiers va-t-en-guerre.

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"Ce que Bolton a vu l'a stupéfait : un président pour qui être réélu est la seule chose qui compte, même si cela signifie mettre en danger ou affaiblir la nation", a rapporté son éditeur Simon & Schuster.

Selon ce compte-rendu, le magnat de l'immobilier aurait pris des décisions passibles de destitution bien au-delà de la seule affaire ukrainienne.

Le président américain a brutalement limogé le 10 septembre dernier celui qui était alors l'un de ses principaux conseillers, sur fond de désaccords sur la gestion de plusieurs dossiers sensibles comme la Corée du Nord, l'Iran, l'Afghanistan et la Russie.

Un "prétexte pour censurer M. Bolton"

Dans une tribune récente publiée dans le Wall Street Journal, Charles Cooper écrit que son client a procédé à de multiples réécritures sur demande de la Maison Blanche afin de s'assurer qu'aucune information classifiée ne soit révélée. Charles Cooper ajoute que John Bolton croyait avoir eu en mai l'aval de la Maison Blanche mais n'a jamais reçu de lettre le confirmant.

Le 8 juin, poursuit-il, un haut représentant du Conseil de sécurité nationale a répondu dans une lettre que le manuscrit de Bolton "contient des informations classifiées et que publier le livre violerait ses accords de non-divulgation".

"Il s'agit d'une tentative transparente de se servir de la sécurité nationale comme prétexte pour censurer M. Bolton, en violation de son droit constitutionnel de s'exprimer sur des questions de la plus haute importance publique. Cette tentative n'aboutira pas", conclut l'avocat.

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a estimé que "toute tentative de l'administration Trump pour empêcher la parution du livre de John Bolton" était "vouée à l'échec", rappelant une décision de la Cour suprême contre Richard Nixon déclarant inconstitutionnelle la censure gouvernementale.

Ancien membre du Conseil de sécurité nationale auprès de l'ex-président démocrate Barack Obama, Ned Price a lui accusé sur Twitter l'administration de "vouloir enterrer les preuves de la corruption de Trump".

Avec AFP et Reuters

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