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Covid-19 : Jérôme Salomon justifie devant les députés la gestion de la crise sanitaire

Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, lors d'une conférence de presse, le 28 mars 2020.
Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, lors d'une conférence de presse, le 28 mars 2020. © Geoffroy Van der Hasselt, AFP

La commission d'enquête parlementaire a entendu mardi Jérôme Salomon pour faire la lumière sur la gestion de la crise du coronavirus. Le directeur général de la Santé s'est justifié point par point. 

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Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, était sur le gril des questions des députés, mardi 16 juin, dans le cadre de cette commission mise en place pour "tirer les leçons" de la gestion de l'épidémie de Covid-19. 

A priori, la commission n'a pas vocation à condamner mais lors de ces enquêtes parlementaires, la France "a tendance à tomber dans une sorte de procès et même une judiciarisation de l'action gouvernementale", souligne Jean Petaux, politologue à Sciences Po Bordeaux, lors d'un entretien accordé à France 24. Souvent,"les personnes interrogées servent de fusibles. On se dit que ces victimes expiatoires vont servir à apaiser les inquiétudes et les reproches".  

Face aux questions des députés, Jérôme Salomon a assuré que la France a "toujours suivi les recommandations internationales" concernant le port du masque dans la lutte contre le coronavirus, lui qui l'avait jugé "inutile dans la rue" en mars. "Le monde entier a été surpris par cette crise inédite, massive, brutale, mondiale", a-t-il souligné devant la commission d'enquête sur le coronavirus à l'Assemblée nationale, défendant pied à pied la stratégie des autorités sur les masques et les tests, ainsi que les efforts de préparation du pays à ce type de crise sanitaire. 

Lors des commission d'enquête, la France "a tendance à tomber dans une sorte de procès"

Les masques en question

Jérôme Salomon, qui dirige depuis 2018 la branche du ministère de la Santé chargée de gérer les crises sanitaires, ouvrait le bal des questions des députés dans le cadre de cette commission mise en place pour "tirer les leçons" de la gestion de l'épidémie de Covid-19. 

"Vous êtes un des visages de cette crise", a souligné le député LR Éric Ciotti, rapporteur de la commission, rappelant que les points presse quotidiens de ce spécialiste des maladies infectieuses avaient "rythmé la vie des Français pendant le confinement". 

Beaucoup de questions ont tourné autour des masques, qui, a souligné Éric Ciotti "ont été au cœur des interrogations de nos concitoyens et des soignants". 

Jérôme Salomon a retracé la chronologie des stocks stratégiques d'État de ces masques, commandés massivement au moment de la menace de grippe H1N1 puis détruits en partie après un audit de 2017 ayant conclu au mauvais état d'une majorité d'entre eux. Une commande de 100 millions de masques est alors passée fin 2018, avec décision d'évoluer "vers un stock dynamique, tournant", plutôt qu'un stock massif "dormant". 

“Pas de sens à porter ce masque" 

Mais avec l'irruption de la pandémie en France, les besoins pour les soignants sont passés brutalement de 3 à 5 millions par semaine à 30 voire 40 millions, alors que tous les pays voyaient aussi leurs besoins augmenter et que le principal pays producteur, la Chine, voyait son économie paralysée, a-t-il souligné. 

Quant aux masques pour le grand public, "nous avons toujours suivi les recommandations internationales", a assuré le directeur général de la Santé, accusé par Jean-Christophe Lagarde (UDI) de "mensonge d'État" pour avoir assuré le 18 mars qu'il n'y avait "pas de sens à porter ce masque" dans la rue "pour les personnes non contaminées". 

"L'OMS a beaucoup hésité et ne recommande le port du masque dans certaines conditions que depuis le 5 juin", a-t-il ajouté, mettant également en avant une étude récente faisant part de "doutes sur l'efficacité des masques grand public". 

Test PCR 

Concernant les tests de dépistage, il a défendu l'arrêt du dépistage systématique le 14 mars au profit d'une "surveillance syndromique" et d'un diagnostic basé sur les symptômes, expliquant que cela ne changeait rien à la prise en charge des patients. 

Selon lui, l'invitation de l'OMS le 16 mars à "teste(r) chaque cas suspect de Covid-19" visait plutôt les pays "qui n'avaient pas accès aux tests" à ce moment-là. 

Jérôme Salomon a par ailleurs assuré qu'"aucune décision nationale" n'avait été prise concernant la pertinence d'hospitaliser ou non les résidents d'Ehpad atteints de coronavirus. 

Il s'agit toujours d'une "démarche individuelle des équipes médicales", qui décident "si oui ou non il y a un bénéfice" pour le patient à être hospitalisé ou admis en réanimation. Plus du tiers des quelque 30 000 décès liés à l'épidémie ont eu lieu dans les Ehpad. 

Avec AFP

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