Esclavage et colonialisme : la Haut-Commissaire de l'ONU plaide pour des réparations

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, à Genève le 18 décembre 2019.
La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, à Genève le 18 décembre 2019. Fabrice COFFRINI AFP/Archives

Michelle Bachelet, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, a dénoncé, mercredi, les violences et les discriminations subies "depuis des siècles" par les Africains et personnes d'origine africaine aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Lors d'un débat exceptionnel à l'ONU, elle s'est dit favorable à des "réparations sous diverses formes".

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La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, a dénoncé, mercredi 17 juin, les violences raciales actuelles qui sont "l'héritage de la traite des esclaves et du colonialisme", se disant favorable à des "réparations sous diverses formes".

"Nous devons faire amende honorable pour des siècles de violence et de discrimination, au travers notamment d'excuses officielles, de processus de vérité et des réparations sous diverses formes", a-t-elle soutenu.

Michelle Bachelet s'exprimait à l'occasion d'un débat organisé par l’ONU à Genève à la demande de pays africains sur le racisme et les violences policières, après la mort de George Floyd aux États-Unis. "Cet acte de brutalité gratuite en est venu à symboliser le racisme systémique qui nuit à des millions de personnes d'origine africaine", a-t-elle affirmé.

D’autres hauts responsables onusiens et le frère de George Floyd ont dénoncé avec force les violences et les discriminations subies "depuis des siècles" par les Africains et personnes d'origine africaine aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Le frère de George Floyd, Philonise Floyd, s'est exprimé dans une vidéo, demandant "une commission indépendante chargée d'enquêter sur les meurtres de Noirs par la police en Amérique et sur la violence utilisée contre les manifestants".

"Établir les faits et les circonstances relatives au racisme systémique"

Avant l'ouverture des débats, une vingtaine de hauts fonctionnaires des Nations unies d'origine ou d'ascendance africaine, parmi lesquels le chef de l'Organisation mondiale de la santé Tedros Adhanom Ghebreyesus, avaient eux aussi signé à titre personnel une déclaration pour indiquer que "la simple condamnation des expressions et des actes de racisme ne suffisait pas".  

Le Conseil doit se prononcer sur le projet de résolution présenté par le groupe africain condamnant "les pratiques raciales discriminatoires et violentes des forces de l'ordre contre les Africains et les personnes d'origine africaine et le racisme endémique structurel du système pénal, aux États-Unis et dans d'autres parties du monde".

Dans sa version initiale, le texte réclamait l'établissement d'une commission d'enquête internationale indépendante, une structure de haut niveau généralement réservée aux grandes crises, comme le conflit syrien.

Une nouvelle mouture du texte se contente de demander à Michelle Bachelet "d'établir les faits et les circonstances relatives au racisme systémique, aux violations présumées du droit international en matière de droits de l'Homme et les mauvais traitements contre les Africains et les personnes d'origine africaine".

Andrew Bremberg, ambassadeur américain auprès des Nations unies à Genève, a souligné la "transparence" dont fait preuve son pays en matière de lutte contre la discrimination et l'injustice raciales, citant la réforme de la police lancée la veille par Donald Trump.

Avec AFP

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