La Turquie déploie ses forces spéciales contre les rebelles kurdes dans le nord de l'Irak

Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, suit le déploiement des forces spéciales turques dans le nord de l'Irak, dans le cadre de l'opération "Griffes du tigre", contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le 14 juin 2020.
Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, suit le déploiement des forces spéciales turques dans le nord de l'Irak, dans le cadre de l'opération "Griffes du tigre", contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le 14 juin 2020. © Ministère turc de la Défense, AFP

Dans le cadre de l'opération "Griffes du tigre", la Turquie a déployé, mercredi, ses forces spéciales dans le nord de l'Irak. Visant les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan, Ankara a invoqué la "légitime défense" face à la "recrudescence récente des attaques contre les commissariats et bases militaires" turcs.

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La Turquie a annoncé, mercredi 17 juin, le déploiement de forces spéciales dans le nord de l'Irak, dans le cadre d'une opération terrestre contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) appuyée par son aviation et son artillerie.

"L'opération 'Griffes du tigre' a commencé. Nos héros des forces spéciales sont à Haftanin", a déclaré Hulusi Akar, le ministère turc de la Défense, sur Twitter, sans préciser le nombre de militaires déployés.

"Nos commandos, qui sont appuyés des hélicoptères de combat et des drones, ont été transportés par nos forces aériennes", a-t-il ajouté.

Le ministère turc de la Défense a justifié le lancement de l'opération par la "recrudescence récente des attaques contre nos commissariats et nos bases militaires" situés près de la frontière irakienne. Il a ajouté que le déploiement des militaires avait été précédé d'un intense bombardement d'artillerie.

Opération lancée "en légitime défense"

Cette opération risque de créer des frictions entre Ankara et Bagdad, qui a convoqué mardi l'ambassadeur turc pour protester contre des frappes menées par l'aviation turque sur des positions du PKK, en Irak, cette semaine.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères irakien a, lui, dénoncé "une violation de la souveraineté" de l'Irak. Les raids n'ont pas fait de victime mais ont "terrorisé la population", selon lui.

Avant le déclenchement de la dernière opération, la Turquie avait en effet mené des raids aériens dans la nuit de dimanche à lundi à Kandil, Sinjar et Hakurk, des localités du nord de l'Irak.

"Nos commandos, qui sont appuyés des hélicoptères de combat et des drones, ont été transportés par nos forces aériennes", a déclaré le ministère turc de la Défense.

Le ministère a par ailleurs affirmé que cette opération avait été lancée en "légitime défense", la justifiant par la "recrudescence récente des attaques contre nos commissariats et nos bases militaires" situés près de la frontière irakienne.

Celui-ci a également ajouté que le déploiement des militaires avait été précédé d'un intense bombardement d'artillerie.

"Le combat le plus légitime du monde"

L'ampleur de cette opération n'était pas connue dans l'immédiat, mais elle semble limitée par rapport aux offensives de grande ampleur lancées ces dernières années par la Turquie dans le nord de la Syrie contre d'autres combattants kurdes où des milliers de soldats turcs, et leurs supplétifs syriens, étaient appuyés par des blindés.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui n'avait pas encore fait de déclaration au sujet de cette opération mercredi matin, a, ces dernières années, plusieurs fois menacé de "s'occuper" du PKK dans le nord de l'Irak si Bagdad n'était "pas en mesure de le faire".

"Le combat que nous menons contre le terrorisme pour défendre notre nation et nos frontières est le combat le plus légitime du monde", a déclaré mercredi sur Twitter le porte-parole du parti présidentiel AKP, Ömer Çelik.

Ankara mène régulièrement des raids aériens contre les bases arrières du PKK dans ce pays voisin. Le PKK, qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984, est qualifié de groupe "terroriste" par la Turquie, les États-Unis et l'Union européenne.

Avec AFP

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