Air France : au moins 8 000 suppressions d'emplois envisagées, Le Maire exclut tout départ contraint

Un avion Air France au décollage de l'aéroport Charles de Gaulle, le 25 mai 2020.
Un avion Air France au décollage de l'aéroport Charles de Gaulle, le 25 mai 2020. © Charles Platiau, Reuters

Air France envisage la suppression d'au moins 8 000 postes. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a demandé à la compagnie aérienne de ne pas engager de départs "contraints".

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C'est un plan de départ massif. Le gouvernement demande à Air France de ne pas engager de départs "contraints" dans le cadre de son plan de transformation, a affirmé jeudi 18 juin le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, alors que des milliers de postes sont menacés au sein de la compagnie selon les syndicats. 

"Il y aura des ajustements nécessaires, mais je souhaite et je demande à Air France qu'il n'y ait pas de départs forcés. Je crois que c'est ça la ligne rouge importante, qu'il n'y ait pas de départs contraints", a déclaré le ministre sur France Inter. 

Le ministre a refusé de confirmer le chiffre de 8 000 suppressions de postes avancé par les syndicats. "Je souhaite que ce soit moins de 8 000 postes", a-t-il simplement ajouté. 

"Un sureffectif de 1 800 postes"

À ce stade, les discussions avec la direction portent pour les pilotes d'Air France sur "un dispositif de rupture conventionnelle collective" et "400 postes supprimés", a indiqué à l'AFP mercredi un représentant du syndicat des pilotes SNPL.

En parallèle, "il y a aussi des discussions" sur l'avenir des 200 pilotes qui volaient sur l'A380, modèle appelé à sortir de la flotte de la compagnie, a-t-il ajouté.

"Un sureffectif de 1 800 postes a été identifié" chez les hôtesses et stewards, selon le syndicat SNGAF, et "environ 1 800 postes" seraient visés par la direction dans les fonctions supports, avait indiqué en mai Didier Dague, administrateur salarié (FO) d'Air France.

Hop!, la filiale menacée

Enfin, chez Hop!, filiale régionale d'Air France particulièrement menacée par la refonte du réseau court-courrier du groupe, Joël Rondel, secrétaire du comité social et économique (CSE), redoute la suppression de la moitié des 2 700 postes actuels.

Malgré ces postes menacés, Bruno Le Maire a défendu le soutien de 7 milliards d'euros accordé à la compagnie par l'État, sans condition formelle sur l'emploi.

"Quand le trafic aérien s'écroule, dire 'je mets de l'argent mais on va absolument garder chaque emploi', à quoi ça conduit ? Ça peut conduire à des risques de faillites et c'était ça qui menaçait Air France", a-t-il justifié.

Avec Reuters et AFP 

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