Human Rights Watch dénonce le contrôle au faciès en France, un acte "abusif" et "traumatisant"

Des policiers lors d'une intervention, à Marseille, le 12 juin 2020.
Des policiers lors d'une intervention, à Marseille, le 12 juin 2020. © Clément Mahoudeau, AFP

Dans un rapport de 44 pages publié jeudi, Human Rights Watch pointe du doigt la pratique des contrôles au faciès de la police français. L'ONG dénonce des actes "abusifs" et "racistes". 

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Des "contrôles abusifs et racistes" perpétrés par la police française ont été épinglés par Human Rights Watch dans un rapport publié jeudi 18 juin. Il s’agit le plus souvent de jeunes noirs et arabes, souvent mineurs, selon des témoignages récoltés par l'ONG. 

>> À lire :  Racisme dans la police française : l'institution contrainte de se réformer ?

Ce rapport de 44 pages sur la pratique dite du "contrôle au faciès" a été réalisé pendant plus d'un an auprès d'une centaine de jeune noirs et arabes de plusieurs villes de France. Il documente des contrôles policiers "sans fondement ciblant les minorités, y compris des enfants âgés de seulement dix ans, des adolescents et des adultes". 

Palpation "intrusive"  

Selon l'ONG de défense des droits de l'Homme, ces contrôles comprennent souvent "une palpation corporelle intrusive et humiliante ainsi que la fouille des effets personnels". 

Ainsi à Lille, Abdul 18 ans, raconte un contrôle par une patrouille de quatre policiers lui barrant la route alors qu'il se rendait à son entrainement de karaté.  

"Un agent a retourné mon sac sans prévenir et jeté toutes mes affaires au sol. J'avais vraiment la haine, je lui ai demandé : 'Pourquoi tu fais ça ?'. Je me suis mis à quatre pattes pour ramasser mes affaires. Quand je me suis relevé, un policier m'a poussé contre la voiture, il m'a écarté les jambes et m'a touché partout", témoigne le jeune homme.

Réformer 

À Paris, Dabir, 15 ans, déclare avoir été contrôlé avec sa bande de copains devant un supermarché, contrôle durant lequel les agents "ont touché les poches de tout le monde, sauf du (garçon) blanc"...Ils ont vérifié si notre téléphone était volé ou non. Ils nous demandaient de l'allumer et de mettre le code. Ils nous ont demandé notre âge". 

Pour Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch, cette pratique est au cœur "de la fracture aigüe et profonde entre la police et la population, tout en n'ayant quasiment aucun effet en matière de prévention ou de détection de la criminalité". HRW appelle le président Emmanuel Macron à réformer le cadre légal des contrôles policiers. 

Dans une récente interview à l'AFP, le Défenseur des droits Jacques Toubon avait lui aussi estimé que la traçabilité des contrôles était nécessaire, et possible, comme l'a montré la récente période de confinement.  

Demande récurrente des partis de gauche et des ONG de défense des droits de l'Homme, et promesse de François Hollande lorsqu'il était candidat, le système d'un récépissé après chaque contrôle n'a jamais été mis en place. Les syndicats de police s'y opposent. 

Avec AFP

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