Municipales à Paris : échanges musclés entre Rachida Dati et Agnès Buzyn

Les trois candidates aux élections municipales à Paris.
Les trois candidates aux élections municipales à Paris. © Thomas Samson, AFP

Dix jours avant le second tour des municipales à Paris, les trois candidates en lice se sont livrées une bataille sans merci, lors d'un débat télévisé diffusé mercredi. 

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À un peu plus d’une semaine du deuxième tour des municipales 2020 à Paris, de vives passes d’arme entre Rachida Dati (LR) et Agnès Buzyn (LREM) échangées mercredi 17 juin ont relancé l’intérêt pour cette longue campagne. 

Les deux candidates ont enchaîné les tacles autour de l'appel de Marine Le Pen à choisir la candidate LR à Paris. Mais sont parvenues à s’entendre sur un seul sujet : la piètre gestion, selon elles, de la maire sortante, Anne Hidalgo.  

Habituée des punchline, Rachida Dati a pris de soin de démonter point par point les arguments de bienveillance, prônés par Agnès Buzyn qui a notamment affirmé vouloir "apaiser Paris". Les Parisiens n'ont "pas besoin d'une nounou" a aussitôt rétorqué la candidate LR.

Ensuite, la candidate LREM, qui avait accusé la maire réélue du VIIe arrondissement d'avoir "réconcilié" Jean-Marie et Marine Le Pen autour de son programme, a maintenu ses propos, et reproché à Mme Dati d'avoir soutenu Sens commun (opposé au "mariage pour tous") ou d'avoir tenu "des propos inqualifiables" sur les migrants, lors d'un premier débat avant le second tour sur Franceinfo, France 3 et France bleu Ile-de-France. 

"Une grave atteinte à mon honneur" 

La présidente du RN avait affirmé le 10 juin que si elle était électrice à Paris, elle voterait aux municipales pour Rachida Dati contre Anne Hidalgo, "le pire maire qui puisse exister". 

"C'est une attaque grave à mon honneur et à ce que je suis", a répliqué Mme Dati, en évoquant la période où elle "travaillait avec Mme Simone Veil". "Un peu de décence", l'a interrompue Mme Buzyn, "vous êtes obligée de citer une icône française pour vous justifier". "Les valeurs de Mme Buzyn, c'est de mentir aux Français", a répliqué Mme Dati. 

"Je pense que ça arrange Mme Dati de ne pas parler d'écologie", avait aussi lancé un peu plus tôt Agnès Buzyn. Réponse de l'intéressée : "un peu de respect, sinon on peut parler du Covid et de la crise sanitaire". 

"Une écologie de façade"

Les deux candidates se sont néanmoins retrouvées pour reprocher à la maire sortante d'avoir "bétonné" Paris. "Vous êtes la maire qui a le plus bétonné et les écologistes ont avalé leur chapeau pour quelques places en position éligible", a affirmé Mme Dati, évoquant le ralliement des écologistes à Anne Hidalgo.  

"Vous pratiquez une écologie de façade", a soufflé Mme Buzyn, critiquant les "pots de fleurs géants qui ne font pas une politique de végétalisation". 

"J'aurai adoré que vos alliés ne s'opposent pas à une mesure forte comme la piétonnisation des berges de Seine", a rétorqué Mme Hidalgo, qui a aussi vanté son bilan en matière de logement social. "Aujourd'hui, Paris, c'est 80% de classes moyennes et populaires". 

Anne Hidalgo est arrivée en tête au 1er tour avec 29,3 % des voix, devant Rachida dati (22,7 %) et Agnès Buzyn (17,3 %).  

Avec AFP

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