L'Otan ouvre une enquête sur un incident entre la France et la Turquie en Méditerranée

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, le 17 juin à Bruxelles.
Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, le 17 juin à Bruxelles. AFP - FRANCOIS LENOIR

Le secrétaire général de l'Otan a annoncé l'ouverture d'une enquête sur l'incident dénoncé par la France avec des navires turcs lors d'une opération de contrôle de l'embargo de l'ONU sur les livraisons d'armes à la Libye.

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L'Otan va ouvrir une enquête sur les accusations de la France relatives à un incident présumé impliquant la marine turque en mer Méditerranée, a annoncé jeudi 18 juin son secrétaire général, Jens Stoltenberg, à l'issue d'une réunion des ministres alliés de la Défense.

"Cet incident en Méditerranée a été abordé lors de la réunion par plusieurs alliés. Mon message est que nous nous sommes assurés que les autorités militaires de l'Otan enquêtaient sur cet incident pour apporter de la clarté à ce qui s'est passé", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

La France affirme que la marine turque a eu des comportements "hostiles et inacceptables (...) visant à entraver les efforts de mise en œuvre de l'embargo sur les armes des Nations unies".

"Un acte extrêmement agressif"

Fournissant des précisions sur cet incident lors de son audition jeudi devant une commission parlementaire, Florence Parly, la ministre des Armées, a précisé qu'il s'était produit le 10 juin dernier dans l'est de la Méditerranée où une frégate de la marine française, le Courbet, vérifiait dans le cadre d'une mission de l'Otan un bateau turc, le Cirkin, pour s'assurer qu'il ne transportait pas des armes vers la Libye.

Le bateau turc avait coupé son transpondeur et refusait de s'identifier et de communiquer son port de destination. Des bâtiments de la marine turque ont alors "illuminé" à trois reprises la frégate française "avec leurs radars de conduites de tirs", a poursuivi la ministre.

"Par ailleurs, des personnels (turcs) en gilets pare-balles et casque lourds se sont postés aux affûts des armes légères de ces navires. C'est un acte extrêmement agressif et qui ne peut pas être celui d'un allié face à un autre allié qui fait son travail sous commandement de l'Otan", a-t-elle dénoncé.  "Il ne peut pas y avoir la moindre complaisance vis-a-vis de ce genre de comportement", a-t-elle ajouté, précisant que huit pays alliés européens lui avaient apporté un "clair soutien".

La France a plusieurs fois accusé Ankara de violer l'embargo de l'ONU sur les armes à destination de la Libye. La Turquie a rejeté jeudi les accusations "infondées" et un haut responsable militaire turc ayant requis l'anonymat a accusé le navire français d'avoir effectué une "manœuvre à grande vitesse et dangereuse".

Jens Stoltenberg a insisté sur la nécessité de respecter l'embargo. "L'Otan soutient la mise en œuvre de la décision de l'ONU d'imposer un embargo sur les armes à la Libye. Nous soutenons les efforts de l'ONU pour trouver une solution au conflit", a-t-il déclaré.

La Turquie, membre de l'OTAN, soutient militairement le Gouvernement d'union libyen (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par les Nations unies, face aux forces du maréchal Khalifa Haftar soutenu notamment par la Russie, l'Égypte et les Émirats arabes unis. 

Avec AFP et Reuters

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