Les États-Unis commémorent la fin de l'esclavage sur fond de tensions raciales

Des manifestants commémorent l'anniversaire de l'abolition de l'esclavage aux États-Unis, à Boston, le 18 juin 2020.
Des manifestants commémorent l'anniversaire de l'abolition de l'esclavage aux États-Unis, à Boston, le 18 juin 2020. © Brian Snyder, Reuters

Meeting reporté pour Donald Trump, déboulonnage de statues, interdiction des drapeaux confédérés... Les célébrations du jour de l'émancipation des esclaves aux États-Unis ont lieu cette année sur fond d'examen de conscience sur le racisme après la mort de George Floyd.

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En pleine période de prise de conscience des discriminations subies par la communauté noire aux États-Unis, les Américains commémorent vendredi 19 juin l'abolition de l'esclavage.

Des milliers de personnes sont attendues lors des multiples manifestations prévues de New York à Los Angeles pour le 155e anniversaire du "Juneteenth" (contraction de juin et de 19 en anglais). Cette commémoration célèbre ce jour de 1865 où les esclaves de Galveston au Texas ont appris qu'ils étaient désormais libres.

Mais cette année, plusieurs drames ont forcé le pays à faire son examen de conscience sur le racisme qui a marqué son passé et imprègne encore la société.

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Donald Trump reporte de 24 heures son meeting

George Floyd, Afro-Américain de 46 ans, a été asphyxié par un policier blanc lors de son arrestation fin mai à Minneapolis. Il a succombé après être resté plus de huit minutes sous le genou de cet agent, à qui il répétait : "Je ne peux pas respirer." La diffusion de la scène, filmée par des passants, a provoqué une onde de choc dans le pays et des manifestations monstres contre le racisme au quotidien et les violences policières aux cris de "Black Lives Matter" (Les vies noires comptent).

Même s'il a dénoncé la mort de George Floyd, Donald Trump a raté l'occasion de se présenter en président rassembleur. Il s'en est plutôt pris aux manifestants, dans des termes dénoncés comme ayant des connotations racistes.

Le milliardaire républicain a même mis de l'huile sur le feu en programmant pour le jour du "Juneteenth" à Tulsa, dans l'Oklahoma, un grand meeting de campagne pour sa réélection en novembre. La ville est marquée par le souvenir d'une des pires émeutes raciales de l'histoire, où jusqu'à 300 Afro-Américains ont été massacrés par une foule blanche, en 1921. Ce choix a été dénoncé comme une provocation, forçant Donald Trump à reporter le meeting au lendemain.

Déboulonnage de statues et interdiction des drapeaux confédérées

Les rassemblements ont également poussé les Américains à se replonger dans l'histoire d'un pays qui s'est déchiré sur la question de l'esclavage, un système qui a assuré son essor économique.

Les appels se sont multipliés pour le déboulonnage de monuments à la gloire de généraux et responsables confédérés lors de la Guerre de sécession (1861-1865), qui pullulent dans le sud du pays, et certains ont été détruits.

Le championnat automobile Nascar a interdit les drapeaux confédérés sur ses circuits, souvent agités par la foule dans le Sud, où il est très populaire. Et la cheffe des démocrates au Congrès a ordonné jeudi le retrait des portraits de quatre anciens présidents de la Chambre des représentants qui se sont rangés aux côtés des confédérés.

La minorité noire plus pauvre et plus malade

Malgré les avancées obtenues avec le mouvement pour les droits civiques dans les années 1950 et 1960, la minorité noire (13 % de la population) est la grande oubliée de la prospérité. Plus pauvre, plus malade, elle est sous-représentée au niveau politique et victime d'incarcérations de masse.

La crise du coronavirus a encore accentué les maux de la communauté noire : le taux de chômage y a explosé avec l'arrêt de l'économie américaine et, en occupant de nombreux emplois jugés essentiels mais mal payés, les Noirs américains sont plus exposés que les autres au Covid-19.

Avec AFP

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