Environnement : la Convention veut un référendum pour inscrire le climat dans la Constitution

Des citoyens de la Convention pour le climat collent leurs portraits sur la façade du Conseil économique, social et environnemental, le 5 mars 2020, à Paris.
Des citoyens de la Convention pour le climat collent leurs portraits sur la façade du Conseil économique, social et environnemental, le 5 mars 2020, à Paris. AFP - BERTRAND GUAY

La Convention citoyenne pour le climat s’est prononcée, dimanche, en faveur d’une modification de la Constitution pour y inscrire la lutte contre le réchauffement climatique et de la création d'un crime "d'écocide" par référendum.

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Utiliser le référendum pour changer la Constitution française, afin d’y introduire de la lutte contre le réchauffement climatique. Voilà ce qu’ont demandé, dimanche 21 juin, les 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). Ils souhaitent également soumettre à référendum la création d'un crime "d'écocide". Charge à l'exécutif de faire appliquer les autres mesures que la Convention a adoptées, après neuf mois de travaux.

>> À lire : la Convention pour le climat se réunit pour voter ses propositions

La ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne recevra, dimanche après-midi, au nom de l'exécutif, les propositions de la commission. Elle a estimé qu'un référendum "permettrait de faire partager les travaux" de la Convention "avec tous les Français" et "faire mûrir la conscience écologique".

   Mais les membres de la CCC ont pris le contre-pied du pouvoir, votant contre l'idée de mise au référendum de leurs mesures concrètes. A l'exception, donc, de l'introduction dans le préambule et l'article 1 de la Constitution des notions de protection de l'environnement, de la biodiversité et "la lutte contre le dérèglement climatique" et l'introduction dans le droit français d'un crime "d'écocide" - visant à réprimer les atteintes graves à l'environnement - qui a déjà été rejeté au Parlement.

"Constitution, écocide, OK pour un référendum. Pour le reste, que le pouvoir prenne ses responsabilités," a lancé un des participants, résumant les arguments avancés par la plupart des intervenants.

"Toutes nos mesures sont super. Nous encourageons tous nos concitoyens à s'en saisir et à contrôler le travail des politiques", insistait de son côté une citoyenne de la Convention, Yolande.

Limitation du temps de travail rejetée

Une des mesures les plus controversées, la réduction du temps de travail à quatre jours (28 heures) par semaine, avait été largement (65 %) écartée samedi, la seule à ne pas être adoptée par les membres. Outre les conséquences sur les entreprises, beaucoup des 150 s'inquiétaient de l'image qu'elle donnerait de leurs travaux : "On va passer pour des guignols," a lancé une des membres.

Autre mesure qui devrait polariser l'opinion publique : la réduction de la vitesse sur l'autoroute de 130 à 110km/h. La proposition a sans surprise déclenché l'ire des associations d'automobilistes, écho à la grogne déjà déclenchée par les 80km/h sur nationale.

Parmi les autres mesures figure un encadrement fort de la publicité, avec interdiction des panneaux dans l'espace public extérieur et de la pub pour des produits à fort bilan carbone — comme les gros véhicules type SUV. Ainsi que de lourdes taxes sur l'alimentation ultra-transformée, l'interdiction des semences OGM, une taxation plus forte des engrais azotés et la réduction de moitié en 2030 de l'usage des pesticides, et l'interdiction des plus dangereux d'ici 2035.

La liste comprend aussi l'interdiction des terrasses chauffées, de l'éclairage des magasins la nuit ou encore une taxe sur les dividendes des sociétés pour financer la transformation de l'outil productif.

Avec AFP

 

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