Législatives en Serbie : un scrutin à l'ombre de l'homme fort de Belgrade

Les Serbes sont appelés à voter pour des élections législatives, le 21 juin 2020 à Belgrade.
Les Serbes sont appelés à voter pour des élections législatives, le 21 juin 2020 à Belgrade. © Reuters

Les électeurs serbes étaient appelés aux urnes, dimanche, pour élire leur Parlement. L'opposition a appelé au boycott du scrutin et le parti au pouvoir du président Aleksandar Vucic est donné favori. 

Publicité

Les Serbes ont voté, dimanche 21 juin, lors de législatives qui devraient conforter le parti du président Aleksandar Vucic. Sorti renforcé de la crise du coronavirus, le groupe politique au pouvoir en Serbie part favori, alors que les principaux partis d'opposition boycottent le scrutin.

Les bureaux de vote ont fermé à 20 heures. À une heure de la fermeture, le taux de participation était estimé à 45% par l'ONG indépendante CRTA, soit sept points de moins environ par rapport aux législatives de 2016.

Ces premières élections nationales en Europe depuis la pandémie de Covid-19 se déroulent dans l'ombre présidentielle. Aleksander Vucic ne se présente pas mais son nom figure sur les bulletins en tant que patron du Parti serbe du progrès (SNS, centre droit) au pouvoir depuis huit ans. 

Une opposition minée par les dissensions

Les partis d'opposition qui boycottent les législatives expliquent que des élections libres sont impossibles du fait de la distorsion du paysage médiatique et démocratique.

Mais l'opposition, que rien ne rapproche sinon la détestation d'Aleksandar Vucic, est minée par les dissensions. Si les partis principaux boudent le scrutin, une vingtaine de petites formations sont parties au combat.

D'après des enquêtes récentes, le SNS devrait rafler plus de 50% des suffrages. La principale inconnue reste le taux de participation, entre les peurs liées au coronavirus et les appels ironiques des partisans du boycott demandant aux électeurs de "maintenir leur distanciation sociale vis-à-vis des bureaux de vote". 

Un changement politique quasi-impossible

La Constitution confère au président un rôle honorifique mais Aleksandar Vucic est sans conteste celui qui prend les décisions. Le nom du futur Premier ministre, en cas de victoire, n'a pas été annoncé. Les affiches électorales ne sont pas siglées SNS mais proclament: "Aleksandar Vucic pour nos enfants".

Les analystes parlent de "système autoritaire concurrentiel". "On a une concurrence mais les protagonistes ne sont pas égaux", déclare à l'AFP Dusan Spasojevic, professeur de sciences politiques à l'université de Belgrade. Le parti au pouvoir bénéficie d'un paysage médiatique dominé par la presse progouvernementale, et d'une vaste base électorale constituée d'employés du service public et de leurs proches, soulignent les analystes. 

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine