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Italie: Toutes les vies d'Alessandro Zanardi

Alex Zanardi le 10 avril 2016 à Rome. (ARCHIVES)
Alex Zanardi le 10 avril 2016 à Rome. (ARCHIVES) ANDREAS SOLARO AFP/Archives
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Rome (AFP)

Hospitalisé depuis vendredi à Sienne dans un état très grave après un accident de la route, Alessandro Zanardi a déjà frôlé la mort en 2001 et vécu deux vies de champion: d'abord comme pilote automobile, puis comme athlète handisport.

L'Italien, amputé des deux jambes en 2001, a perdu vendredi le contrôle de son vélo à mains sur une route de Toscane et a percuté un camion qui arrivait dans l'autre sens.

Il souffre de nombreuses fractures au visage et a été placé en coma artificiel. Les médecins évoquent un état stable mais grave et espèrent pouvoir cette semaine le réveiller de ce coma pour commencer à évaluer sa situation neurologique.

Ces heures incertaines entre la vie et la mort, Zanardi les a déjà vécues en septembre 2001 après un terrible accident sur le circuit allemand du Lausitzring.

Après deux expériences mitigées en Formule 1 (de 1991 à 1994, puis un retour en 1999, chez Williams), l'Italien est revenu en CART, le championnat nord-américain de monoplaces où il avait été deux fois sacré (1997 et 1998).

Ce jour-là, sa voiture, arrêtée en plein milieu de la piste après un tête-à-queue, est percutée par un autre bolide lancé à plus de 300 km/h. Le choc, terrifiant, arrache ses deux jambes et Zanardi perd énormément de sang.

Un aumônier vient lui donner l'extrême-onction. Son cœur s'arrête de battre, plusieurs fois, et repart, plusieurs fois. A l’hôpital de Berlin, l'Italien est opéré 15 fois.

- "La moitié de moi qui restait" -

"Quand je me suis réveillé, je n'ai pas pensé à mes jambes. J'ai pensé à la moitié de moi qui restait", a-t-il confié.

Trois mois après l'accident, il fait sa première apparition en public à Bologne, sa ville natale, lors d'une remise de prix par un magazine automobile. "Quelle émotion, j'en ai les jambes qui tremblent", dit-il alors.

Cette façon de regarder le passé avec légèreté pour se concentrer sur l'avenir a accompagné toute la deuxième vie de Zanardi, celle qui en a fait l'un des sportifs les plus aimés et les plus respectés d'Italie.

Après quelques années où il a continué à piloter dans des voitures adaptées, Zanardi est en effet devenu l'un des plus grands champions de handisport, en vélo à mains.

En 2008, pour sa première participation, il termine 4e du marathon de New York. L'année suivante, il abandonne la course automobile pour se consacrer pleinement à la préparation des Jeux Paralympiques de Londres.

Il en rapportera deux médailles d'or (contre-la-montre individuel et course en ligne) avant deux autres titres en 2016 à Rio (course en ligne et relais par équipes). En 2010, il remporte aussi le marathon de Rome et en 2011 celui de New York.

Pour l'Italie, Zanardi est alors une star, "celui qui n'a pas de jambes mais qui court le marathon", comme il se présente lui-même. Et pour le monde handisport, un porte-drapeau planétaire.

- Charisme et courage -

"Par ses résultats et son charisme, il a changé notre perception du handicap", écrivait samedi la Gazzetta dello Sport, l'un des trois quotidiens sportifs italiens qui, au lendemain de l'accident de Sienne, ont tous consacré leur Une à Zanardi, une vraie rareté au pays du "calcio".

Ce charisme, comme son sourire et son courage, Zanardi les a mis au service de son nouveau sport et des personnes en situation de handicap.

Il a écrit quatre livres, présenté des émissions de télévision et a participé au doublage en italien de la série des films d'animation Cars.

Le sportif, lui, continue à gagner en s'appuyant sur sa "règle des cinq secondes". "Quand tu as absolument tout donné, continue cinq secondes. C'est là que les autres n'y arrivent plus".

Il y a quelques semaines encore, Zanardi participait avec d'autres sportifs à un programme télévisé baptisé "Ne jamais renoncer", pour soutenir l'Italie en plein confinement.

Aujourd'hui, c'est toute l'Italie qui lui demande à son tour de ne pas renoncer et, encore une fois, de "choisir la vie", comme il l'avait promis en 2014.

"Il est toujours possible que la foudre me tombe dessus une deuxième fois. Mais rester à la maison pour l'éviter, ça serait arrêter de vivre. Donc non, je choisis la vie."

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