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Covid-19 : la situation s'aggrave en Guyane où un reconfinement est en question

Un employé de l'Institut Pasteur de Guyane prélève un échantillon pour effectuer un test de coronavirus sur un patient dans son véhicule à Cayenne, en Guyane, le 23 juin 2020.
Un employé de l'Institut Pasteur de Guyane prélève un échantillon pour effectuer un test de coronavirus sur un patient dans son véhicule à Cayenne, en Guyane, le 23 juin 2020. © Jody Amiet, AFP

L'épidémie de coronavirus "s'aggrave" en Guyane, qui pourrait bientôt enregistrer 10 000 cas. En visite dans le territoire, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé mardi, l'arrivée de renforts humains et de matériels, alors que la question d'un éventuel reconfinement demeure posée.

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"Le virus y circule activement, en particulier le long du littoral et dans l’ensemble des villes du territoire". Lundi 22 juin, la Direction générale de la santé (DGS) a une nouvelle fois tiré le signal d’alarme sur la progression de l’épidémie de Covid-19 en Guyane et la situation sanitaire qu'elle a qualifié de "très préoccupante".  

Mardi, l’Agence régionale de santé (ARS) comptabilisait 2 593 cas confirmés, 8 décès et 15 patients en réanimation sur ce territoire d'outre-mer maintenu sous état d'urgence sanitaire. 

"On va très rapidement arriver à 10 000 cas", a averti de son côté Rodolphe Alexandre, le président de la Collectivité territoriale de Guyane, auprès de l'AFP. 

"L’État sera au rendez-vous"

Le même jour, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, en déplacement en Guyane où elle doit installer un comité de gestion de crise (Cogec) pour tenter de juguler l’expansion du virus, a promis que "l'État sera[it] au rendez-vous". Elle a également  annoncé des renforts humains et matériels pour faire face à l'épidémie de coronavirus qui "s'aggrave". 

Il s’agit précisément de renforts de la Réserve sanitaire et de l'assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), de 15 respirateurs, de matériel de l'hôpital de campagne projetable de la sécurité civile française (Escrim) pour les patients non-Covid, ainsi que la mise à disposition de déxaméthasone, traitement qui réduirait d'un tiers la mortalité chez les malades les plus gravement atteints. 

Un "plan d'accompagnement pour venir en aide au Brésil", le maintien des distributions alimentaires et des aides aux secteurs économique et social ont également été évoqués. 

De son côté, la DGS a annoncé qu’une mission de trois professionnels de santé avait été envoyée sur place afin de coordonner la gestion de crise avec l’ARS, tandis que des renforts de la réserve sanitaire sont arrivés lundi en Guyane et des soignants supplémentaires sont attendus. 

"Il faut que l'on s'attende à une saturation du système hospitalier", a prévenu de son côté Mathieu Raux, directeur médical de la crise du Covid à la Pitié-Salpêtrière [Paris], envoyé en renfort à Cayenne par Matignon, dans la lettre d'information journalière de l'ARS-Guyane diffusée mardi. "On a trouvé des personnels extrêmement fatigués […] et là, on leur demande d'accélérer", a-t-il ajouté. 

Selon la DGS, le facteur de reproduction, c'est-à-dire le nombre de nouvelles personnes contaminées en moyenne par chaque personne malade, est en Guyane "supérieur à 2" et le taux d'incidence "très largement supérieur au seuil d'alerte, fixé à 50 tests positifs pour 100 000 habitants". 

La percée du Covid-19 intervient en pleine "lassitude collective", selon le préfet de Guyane. Et ce, notamment en raison "des mesures plus strictes que dans l'Hexagone [couvre-feu, confinement le week-end, fermeture dès 18h des commerces]", a précisé le préfet. 

Vers un  reconfinement ? 

Questionnée sur un possible reconfinement, controversé, évoqué dimanche par Matignon, Annick Girardin n'a pas souhaité trancher un sujet qui divise la population locale.  

Dans le centre de Matoury, Alma, retraité, est en faveur d'un reconfinement. "Il y a plein de gens qui ne comprennent pas qu'il faut être sérieux, donc c'est bien que l'État prenne des dispositions", estime-t-il, masque en tissu sur le visage. 

"Tout le monde doit mettre le masque", presse Joseph, âgé de 60 ans, mais même si "la situation sanitaire est très difficile", "les gens ont besoin de travailler. C'est bien de rester chez soi si l'argent suit derrière, mais si les gens ne travaillent pas, comment font-ils pour vivre?", demande ce travailleur du secteur pétrolier.  

En début de semaine, le comité médical local s'est "prononcé à l'unanimité pour un reconfinement", a expliqué Rodolphe Alexandre, qui attend du gouvernement "des mesures économiques pour accompagner les entreprises". Le parti socialiste guyanais a lui aussi appelé à un reconfinement. 

Cette hypothèse "est sur la table" mais plutôt "de courte durée", a indiqué Clara de Bort, directrice de l'ARS-Guyane sur franceinfo.  

Lundi, le sénateur guyanais LREM Antoine Karam a évoqué un risque de "tsunami" sur le territoire où "le pic est attendu mi-juillet". "Au moment où il fallait que l'on soit confinés, on nous a déconfinés, et au moment où il aurait fallu être déconfinés, on nous a confinés", a-t-il regretté. 

La Guyane a en effet été confinée en même temps que l'Hexagone, alors qu'elle était en phase 1 de l'épidémie, avec seulement une dizaine de cas.  

Pour empêcher une saturation des hôpitaux, des restrictions de circulations ont été décidées, et le couvre-feu en vigueur depuis plusieurs semaines a été renforcé : plus personne n'est autorisé à circuler entre 19h et 5h en semaine à Matoury, à Rémire-Montjoly et à Cayenne – qui sont également déjà partiellement confinées le week-end –, ainsi qu'à Macouria et à Kourou. Dans treize autres communes, cette restriction intervient après 21h. 

Soulignant la "sévérité des mesures de freinage [du virus]", le préfet Marc del Grande a expliqué sur Guyane la 1re, que "si ça fonctionn[ait], on pourra[it] peut-être éviter le reconfinement". 

Avec AFP           

  

     

    

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