Le Mondial-2023 féminin, l'Australie et la Nouvelle-Zélande y croient

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Sydney (AFP)

"Notre candidature coche beaucoup de cases", assure à l'AFP Chris Nikou, patron de la fédération australienne de football qui espère décrocher jeudi la co-organisation du Mondial-2023 féminin avec la Nouvelle-Zélande, dix ans après une candidature australienne avortée pour la Coupe du monde masculine 2022.

Pour le président de la Fédération australienne (FFA), "les infrastructures, les équipements, l'héritage ou les retombées commerciales pour la Fifa" devraient donner un avantage décisif à la candidature australe.

Après le retrait du Japon lundi, dernier d'une série d'abandons, les deux pays n'auront à affronter jeudi qu'un adversaire, la Colombie. Bonne nouvelle pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, les Sud-Américains avaient reçu une moins bonne évaluation (2,8 points sur 5) de la Fifa que les Nippons (3,9), eux-mêmes moins bien notés que les Océaniens (4,1).

Parmi les points forts de ces derniers, l'instance a relevé "une gamme d'options de qualité en termes d'infrastructures sportives et générales" et un "engagement financier garanti par les deux pays".

En face, la Fédération colombienne de football et la Conmebol (Confédération sud-américaine de football) ont dénoncé dans une lettre une évaluation comportant selon eux des "conclusions erronées et discriminatoires sur trois aspects d'importance vitale."

Gare cependant à ne pas vendre trop vite la peau de l'ours: en 2010 également, l'ambiance était à l'optimisme avant que l'Australie (qui postulait alors sans son voisin) ne récolte qu'une seule voix pour l'organisation du Mondial-2022 masculin, attribué au Qatar.

Une déroute d'autant plus amère que des millions de dollars d'argent public avaient été dépensés en vain, pour un combat dont le vainqueur qatari traîne encore aujourd'hui une réputation sulfureuse, notamment à la suite des accusations de corruption à la Fifa.

- 2010 et 2020, "des pommes et des oranges" -

"Comparer les deux ères, la candidature précédente et celle-ci, je pense que cela revient à comparer des pommes et des oranges", tente de rassurer M. Nikou. "La Fifa s'est montrée inflexible sur la transparence de la procédure, une procédure équitable et ouverte."

Le changement de têtes au sommet de l'instance (Gianni Infantino a remplacé Sepp Blatter à la présidence) est aussi de nature à le rasséréner.

L'attribution du Mondial-2023 intervient à un moment charnière: la dernière Coupe du monde en France a été suivie par plus d'un milliard de personnes, une audience inimaginable il y a quelques années encore.

L'édition 2023 sera la première à réunir 32 équipes, contre 24 précédemment, dans le but d'accroître encore la popularité du versant féminin du sport, longtemps écrasé par les compétitions masculines.

"Une Coupe du monde commune enverrait un message clair aux îles du Pacifique quant à la montée en puissance du sport féminin, et leur donnerait certainement des modèles, avec qui travailler pour faire progresser les combats des femmes de manière générale", estime M. Nikou.

- Soutien du gouvernement -

Parmi ces combats, la lutte pour l'égalité salariale figure en bonne place, alors que même les championnes du monde américaines, emmenées par l'emblématique Megan Rapinoe, ne sont pour l'heure pas parvenues à obtenir une rémunération équivalente à celle de la sélection masculine.

Les deux géants océaniens font plutôt figure de bons élèves en la matière, ce qui pourrait les avantager jeudi.

"Nous incarnons les valeurs qui font partie des grands objectifs sportifs de la Fifa", qui veut atteindre la barre des 60 millions de pratiquantes en 2026, certifie M. Nikou.

"L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont aussi de superbes endroits à visiter", ajoute le patron de la FFA. "Nous espérons que notre candidature soit convaincante dans toutes ses dimensions".

Outre son expérience en matière de grands événements, comme les Jeux olympiques ou le Mondial de rugby, le duo peut se prévaloir du soutien de l'Asean (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) et des gouvernements concernés.

"Le football est le jeu qui nous rassemble tous", ont écrit Jacinda Ardern et Scott Morrison, les Premiers ministres néo-zélandais et australien, dans une lettre à la Fifa. "Nous espérons sincèrement qu'un Mondial en Australie et en Nouvelle-Zélande nous réunira à nouveau tous en 2023."

Autres arguments de poids: les stades des 12 villes hôtes sont déjà construits, à l'exception d'un stade à livrer en 2022 à Sydney.

En cas de victoire jeudi, "nous mettrions sur pied la meilleure Coupe du monde féminine de l'histoire", jure M. Nikou.

Le portefeuille du million et demi de spectateurs espéré ne le contredirait pas: les billets se vendraient à partir de seulement 5 dollars (4,4 euros).