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Les Fidji proposent une "bulle" touristique sans virus

La plage de Natadola aux Fidji, le 20 novembre 2019
La plage de Natadola aux Fidji, le 20 novembre 2019 AILEEN TORRES-BENNETT AFP/Archives
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Suva (Fidji) (AFP)

Les Fidji, dont l'économie largement tributaire du tourisme est au point mort, veulent créer une "bulle" sans virus dans le Pacifique Sud pour accueillir les voyageurs venus d'Australie et Nouvelle-Zélande d'où provient la majorité de leur clientèle.

La "bulle Bula" --mot qui signifie "bonjour" en fidjien-- offrirait une zone VIP dès la descente de l'avion aux touristes de ces deux pays qui seraient transportés dans une station balnéaire isolée.

Canberra et Wellington ont déjà entamé en mai des discussions pour créer leur propre "bulle" commune où seraient levées de part et d'autre de la mer de Tasman les restrictions aux voyages décidées contre le coronavirus, avec l'intention de l'étendre aux îles du Pacifique. Mais les voyages restent restreints à l'intérieur de l'Australie où de nouveaux foyers sont apparus autour de Melbourne et une levée des restrictions pour traverser la mer de Tasman semble peu probable avant septembre.

"Pendant que l'Australie et la Nouvelle-Zélande élaborent leur +bulle+, le succès au moins équivalent voire supérieur des Fidji dans la lutte contre le virus nous met en position d'ouvrir la voie dans le Pacifique", a déclaré le Premier ministre fidjien Frank Bainimarama.

- "Profiter des Fidji" -

"La +bulle Bula+ permettra aux Australiens et aux Néo-zélandais de profiter de ce que les Fidji offrent de mieux tout en restant à l'écart d'autres voyageurs éventuels et de la population", a-t-il assuré.

Par la suite les mesures de quarantaine pourront être supprimées pour tous les visiteurs testés négatifs et venant d'un pays estampillé par les Fidji comme ayant maîtrisé la maladie Covid-19, a-t-il ajouté sans autre précision.

Les Fidji, qui comptent 930.000 habitants, ont été l'un des premiers pays à maîtriser le virus. L'archipel a annoncé le 5 juin s'en être débarrassé après 45 jours sans nouveau cas, après avoir enregistré officiellement depuis début mars 18 cas confirmés, aucun décès et un taux de guérison de 100%.

La réouverture des frontières pose cependant le risque d'une réintroduction du virus, quelles que soient les précautions prises.

"L'industrie souhaite vraiment voir les frontières s'ouvrir, mais chacun sait que la menace du coronavirus est réelle", reconnaît Fantasha Lockington, directeur général de la Fiji Hotel and Tourism Association (FHTA) qui attend impatiemment de savoir "quand cela va s'ouvrir à nouveau et comment s'y préparer".

Depuis mars, les voyageurs étrangers ont soudainement cessé d'affluer sur les plages paradisiaques bordées de palmier, et des dizaines de milliers de Fidjiens se retrouvent sans emploi.

- "Reprendre le travail" -

Le tourisme représente environ 40% de l'économie, selon le gouvernement. En tenant compte des emplois induits, ce serait plutôt 60%, estime la FHTA. Les autorités redoutent une contraction de l'économie de plus d'un cinquième.

M. Lockington estime que jusqu'à 98% des personnes travaillant dans le tourisme ont perdu leur emploi.

La compagnie aérienne Fiji Airways a supprimé plus de la moitié de ses effectifs en raison de l'effondrement de ses revenus.

Pour de nombreux habitants, le tourisme est vital depuis des décennies et a permis de surmonter les catastrophes naturelles et le déclin de l'industrie sucrière et de l'habillement.

"Nous aimerions que les frontières rouvrent bientôt pour que tout le monde puisse reprendre le travail", dit Ben Danford, un guide touristique au chômage qui, comme ses collègues, s'est tourné vers l'agriculture pour gagner sa vie.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande assurent quelque 70% du tourisme dans l'archipel, assure à l'AFP Jim Saukuru, directeur général de la résidence hôtelière Treasure Island.

Installée sur les plages de sable blanc des îles Mamanuca, à l'Ouest de l'île principale, la résidence a licencié 130 personnes et fonctionne désormais avec 14 employés.

"Le secteur du tourisme est au point mort", affirme M. Saukuru qui souhaite ardemment que l'Australie et la Nouvelle-Zélande s'ouvrent.

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