Municipales 2020 : qui sont les ministres encore en lice ?

Le Premier ministre français Edouard Philippe célèbrant un mariage au Havre, en Normandie, le 20 juin 2020.
Le Premier ministre français Edouard Philippe célèbrant un mariage au Havre, en Normandie, le 20 juin 2020. © Christophe Tesson, AFP

Il reste quatre membres du gouvernement, dont le Premier ministre Édouard Philippe, en lice pour le second tour des municipales, prévu le 28 juin prochain. Quel avenir pour ces candidats au sein de leur bastion ? France 24 fait le point. 

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Petit rappel de l'épisode électoral précédent. Le 15 mars dernier, ils étaient dix membres du gouvernement dans les starting-blocks des municipales, encouragés par un Emmanuel Macron convaincu que l'exécutif devait davantage être confronté au terrain pour en tirer une plus grande légitimité.  

Parmi les ministres élus dès le premier tour, figurent le ministre de la Culture, Franck Riester, confortablement réélu dans sa commune de Coulommiers, en Seine-et-Marne, tout comme Gérald Darmanin, ministre de l'Action et Comptes publics, dans son fief de Tourcoing, dans le Nord. 

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La secrétaire d'État Geneviève Darrieussecq (Armées) et les ministres Marc Fesneau (Parlement) et Sébastien Lecornu (Cohésion des Territoires) ont, eux, été élus comme conseillers municipaux à Mont-de-Marsan (Landes), Marchenoir (Loir-et-Cher) et à Vernon (Eure). Seul Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'État aux Transports, a été évincé dès le premier tour à Limoges. L'ancien pilote de ligne figurait en huitième position d'une liste d'opposition estampillée LREM.  

Le Havre sous les projecteurs  

Trois mois et un confinement plus tard, ils ne sont plus que quatre ministres ou secrétaires d'État à être toujours engagés dans le deuxième round des municipales : Marlène Schiappa, Agnès Pannier-Runacher à Paris et Gabriel Attal à Vanves. Mais c'est vers Le Havre, où le chef du gouvernement Édouard Philippe est en ballotage favorable, que tous les regards sont tournés.  

D'aucuns le prédisaient élu au premier tour, mais avec 43,89 % des voix, le Premier ministre doit encore livrer bataille s'il veut battre le communiste Jean-Paul Lecoq et conserver son fauteuil de maire. Pas de grand suspense en perspective : un sondage Ifop-Fiducial réalisé le 11 juin dernier pour le quotidien Paris Normandie et Sud Radio le donne vainqueur avec 53 % des voix. Preuve que la crise sanitaire n'a pas entamé sa côte de popularité. "La seule chose qui compte, ce n'est pas les prédictions, les projections, les sondages, mais dimanche prochain, le vote. Le reste, c'est de la spéculation", a souligné le locataire de Matignon. 

Les municipales, "un point de chute" en cas de remaniement  

Reste la question de son maintien à Matignon à l'issue du scrutin. En cas de victoire aux municipales, Édouard Philippe sera sommé de choisir entre le fauteuil de maire et celui de Premier ministre, mais ne pourra conserver les deux comme la règle tacite l'impose. S'il est élu, il a déjà prévenu qu'il privilégierait son poste de chef du gouvernement à celui de maire du Havre. Sauf si Emmanuel Macron décide de changer de Premier ministre. 

Le verdict des urnes pourrait-il alors le précipiter vers la porte de sortie du gouvernement ? Non, assure à France 24 Christian Delporte, professeur à l'université de Versailles et spécialiste en politique. "Un scrutin local a peu d'incidence sur la composition d'un gouvernement. Le président ne séparera de lui que s'il souhaite, quel que soit le résultat final. En revanche, l'élection municipale constitue un point de chute pour Édouard Philippe en cas de remaniement qui lui garantira son avenir politique dans les années à venir."  

Défaites en cascades 

Pas sûr que Marlène Schiappa puisse en revanche compter sur un destin municipal pour cette élection. Placée en deuxième position sur la liste d'Éric Azière, colistier d'Agnès Buzyn dans le 14e arrondissement de Paris, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes n'a recueilli 15,67 % au premier tour, loin derrière Carine Petit (PS), qui a obtenu 32,86 % des voix. 

Mais la membre du gouvernement n'a jamais eu d'ambition municipale. "D'ailleurs, elle ne s'est pas placée en tête de liste, ajoute Christian Delporte. Et puis, elle est sortie tardivement du bois, preuve qu'elle ne nourrissait pas d'ambition électorale. Marlène Schiappa est allée au charbon en service commandé par l'Élysée. Il s'agit davantage d'une posture. Mais à l'issue du scrutin, elle pourra mettre en valeur cette expérience de terrain, un atout essentiel pour poursuivre une carrière politique." 

Ballotage défavorable également pour Agnès Pannier-Runacher. La secrétaire d'État auprès du ministère de l'Économie et des Finances, candidate sur la liste LREM du 16e arrondissement de Paris, est arrivée loin derrière son adversaire Les Républicain Francis Szpiner, avec 23,56 % contre 47,81 %. 

Les municipales, "un échec pour LREM" 

L'affaire est aussi mal embarquée pour Gabriel Attal, actuel conseiller municipal de Vanves, en banlieue parisienne, et placé en deuxième position sur la liste de Séverine Edou avec 23,07 %, face au maire sortant Bernard Gauducheau (UDI) arrivé en tête du premier tour avec 47,23 %. Ils devront également composer avec une troisième liste, écologiste, "Vanves Demain" qui a récolté 22,32 % de votes. 

Tous ces candidats malheureux "ne prétendent pas ramener de municipalité dans le giron de LREM", assure Christian Delporte. Mais l'implantation locale du parti présidentiel est si faible qu'ils n'en sont pas à gagner des mairies, mais des sièges de conseillers". Et de conclure, "même si les élections municipales sont un échec pour LREM, il n'y a aucune de raison d'en tirer des conclusions pour la future échéance électorale de 2022".  

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