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L'ambassadrice des États-Unis au Liban convoquée après des propos polémiques sur le Hezbollah

Des sympathisants du Hezbollah agitent des drapeaux du mouvement chiite libanais à Khiam, dans le sud du Liban, en août 2017.
Des sympathisants du Hezbollah agitent des drapeaux du mouvement chiite libanais à Khiam, dans le sud du Liban, en août 2017. © Mahmoud Zayyat, AFP

La diplomatie libanaise convoquera lundi l'ambassadrice américaine à Beyrouth après des propos virulents contre le mouvement chiite ayant fait l'objet d'une injonction controversée par un juge local.

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Accusée par un juge du Sud-Liban de vouloir promouvoir la sédition après des propos polémiques sur le Hezbollah, l'ambassadrice américaine à Beyrouth, Dorothy Shea, a été convoquée lundi 29 juin au ministère libanais des Affaires étrangères. Elle doit rencontrer le ministre, Nassif Hitti, "à la lumière de ses récentes déclarations", a indiqué dimanche l'agence de presse ANI.

Lors d'un entretien vendredi avec la chaîne de télévision saoudienne Al-Hadath, Dorothy Shea a fait part des "graves inquiétudes" de Washington "sur le rôle du Hezbollah, une organisation terroriste". Le mouvement chiite a "siphonné des milliards de dollars qui auraient dû aller dans les coffres du gouvernement (...) et entravé certaines réformes économiques dont le Liban a désespérément besoin", a-t-elle accusé, alors que le pays est en proie à sa pire crise économique depuis environ 30 ans.

>> À lire : Le chef du Hezbollah accuse Washington d'"affamer" la Syrie et le Liban

Tollé

Samedi, un juge des référés dans la ville de Tyr (sud), Mohamad Mazeh, a décidé d'interdire, sous peine de sanctions, aux médias libanais et étrangers travaillant au Liban d'interviewer Dorothy Shea durant un an, une décision aussitôt saluée par le Hezbollah.

Les autorités libanaises doivent "prendre des mesures immédiates pour contraindre cette ambassadrice à respecter le droit international", a exhorté dimanche Hassan Fadlallah, député du puissant parti chiite, faisant référence à la convention de Genève sur les relations diplomatiques.

Plusieurs médias se sont indignés de la décision du juge. La chaîne locale LBC a ainsi estimé qu'elle était "non contraignante et impossible à mettre en œuvre", et qu'elle violait la liberté de la presse. Une source judiciaire a indiqué à l'AFP que le juge Mazeh avait "dépassé ses prérogatives".

Pays de 18 communautés religieuses, le Liban est régi par un système complexe de partage du pouvoir où la justice fait souvent l'objet de tiraillements politiques et communautaires.

Tentative de "censure"

Pour le département d’État américain, il s'agit d'une tentative "pathétique" de "censure" de la part du Hezbollah. La ministre libanaise de l'Information, Manal Abdel Samad, a de son côté souligné la nécessité de veiller à la liberté de la presse.

>> À lire : Allemagne : le Hezbollah libanais désigné comme organisation terroriste

Le juge Mazeh a menacé dimanche de démissionner s'il venait à être déféré devant l'inspection judiciaire, après des informations en ce sens relayées par des médias locaux.

Cet incident intervient dans un contexte de de tensions croissantes entre Washington et le parti chiite, qui a récemment accusé les États-Unis de chercher à provoquer une famine au Liban et d'interdire l'afflux de dollars, monnaie sur laquelle est indexée la livre libanaise.

Avec AFP

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