Louis Aliot remporte Perpignan, 1ère prise de taille du RN depuis 25 ans

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Perpignan (AFP)

Le député RN Louis Aliot a remporté dimanche Perpignan face au maire LR Jean-Marc Pujol, la première victoire du Rassemblement national (RN) dans une ville de plus de 100.000 habitants depuis Toulon, conquise en 1995.

"Nous avons gagné. C'est un système qui s'écroule. Nous avons eu à Perpignan le même personnel politique aux manettes depuis 1959. Ca devenait malsain", a déclaré à l'AFP Louis Aliot, depuis son local de campagne, au milieu de ses plus proches collaborateurs.

En ballotage favorable à l'issue du 1er tour (35,6% contre 18,4% à M. Pujol) et face à un fragile "front républicain", Louis Aliot a totalisé dimanche entre 53 et 54% des voix, selon les estimations de trois instituts de sondage.

Dans cette ville de 120.000 habitants, 66.800 électeurs étaient appelés à voter dimanche. Malgré un temps estival et la proximité des plages, à un quart d'heure de Perpignan, la participation a été supérieure à celle du 1er tour (47% contre 40%).

- "Un signal" -

"Les Perpignanais, les Catalans envoient un signe à la France entière. Il n'y a aucun mur qu'on ne peut démolir, ce front républicain était une escroquerie", a ajouté Louis Aliot, élu député des Pyrénées-Orientales en 2017.

Il a également salué le "soutien sans faille du RN et de Marine (Le Pen)", a-t-il dit avant d'être interrompu par un appel téléphonique. Le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella s'est aussi félicité de sa victoire à Perpignan, y voyant un "symbole" que le parti peut arriver à faire "voler en éclat le front républicain".

"On est deux", a-t-il dit à Robert Ménard, maire de Béziers (Hérault), qui lui adressait ses félicitations. M. Aliot a souvent dit s'inspirer de la gestion de Robert Ménard dans la cité bitteroise.

En 2014, Pujol avait battu Aliot au second tour des municipales avec 21.786 voix (55%), soit 4.000 voix de plus que Louis Aliot (17.744 votes, 45%).

Perpignan n'a connu depuis 1959 que trois maires, de droite: Paul Alduy (1959-1993), son fils Jean-Paul Alduy (1993-2009) et M. Pujol depuis 2009.

- "infinie tristesse" -

"C’est avec une infinie tristesse que j’encaisse les résultats. Comme nous le craignions, et malgré tous nos efforts pour dégager une voie électorale qui aurait permis d’éviter ce duel délétère, le pire s’installe aux commandes de notre ville", a réagi Agnès Langevine, 3e du 1er tour avec 14,5% des voix, qui s'est désistée en faveur de M. Pujol.

Le 4e qualifié pour le second tour, le député LREM Romain Grau (13%), s'est également désisté.

Pour le politologue Nicolas Lebourg, Louis Aliot doit sa victoire à "une décomposition de l'offre politique, il y avait cinq listes de droite et du centre, et une offre politique avec du libéralisme économique, et le socle autorité-sécurité du RN. Il a réussi à convaincre des électeurs de la droite et du centre".

Selon lui, la droite a commis une erreur de lui opposer "un candidat de 71 ans à bout de souffle" et au bilan contesté.

Louis Aliot a présenté à Perpignan une liste sans étiquette, sans logo du RN pour lui permettre de rallier à sa candidature des personnalités de la droite classique.

"Et pour la première fois, il n'y a pas eu de meeting avec le ou la présidente du FN, qui était jusque là le temps fort de la campagne", remarque le politologue.