Municipales 2020 : le Rassemblement national remporte Perpignan, échoue à Carpentras

Louis Aliot, candidat du parti d'extrême droite Rassemblement national, s'adresse à ses partisans après sa victoire au second tour des élections municipales à Perpignan, dans le sud de la France, le 28 juin 2020.
Louis Aliot, candidat du parti d'extrême droite Rassemblement national, s'adresse à ses partisans après sa victoire au second tour des élections municipales à Perpignan, dans le sud de la France, le 28 juin 2020. © Raymond Roig, AFP

Le candidat du Rassemblement national Louis Aliot a remporté, dimanche, le second tour du scrutin municipal à Perpignan face au maire sortant Jean-Marc Pujol (Les Républicains). Le parti d'extrême droite a en revanche perdu son pari dans la ville de Carpentras, où le maire Serge Andrieu (divers gauche) a été réélu à la faveur d'une triangulaire.

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Après deux échecs aux élections municipales, le candidat d'extrême droite Louis Aliot a finalement remporté, dimanche 28 juin, la ville de Perpignan. Il s'agit de la première victoire du Rassemblement national (RN) dans une ville de plus de 100 000 habitants depuis Toulon, conquise en 1995.

"Nous avons gagné. C'est un système qui s'écroule. Nous avons eu à Perpignan le même personnel politique aux manettes depuis 1959. Ça devenait malsain", a déclaré à l'AFP Louis Aliot, depuis son local de campagne, au milieu de ses plus proches collaborateurs. "Les Perpignanais, les Catalans envoient un signe à la France entière. Il n'y a aucun mur qu'on ne peut démolir, ce front républicain était une escroquerie."

En ballotage favorable à l'issue du premier tour (35,6 % contre 18,4 % à Jean-Marc Pujol) et face à un fragile "front républicain", Louis Aliot a totalisé dimanche entre 53 et 54 % des voix, selon les estimations de trois instituts de sondage.

Dans cette ville de 120 000 habitants, 66 800 électeurs étaient appelés à voter dimanche. Malgré un temps estival et la proximité des plages, à un quart d'heure de Perpignan, la participation a été supérieure à celle du premier tour (47 % contre 40 %).

"C'est avec une infinie tristesse que j'encaisse les résultats. Comme nous le craignions, et malgré tous nos efforts pour dégager une voie électorale qui aurait permis d'éviter ce duel délétère, le pire s'installe aux commandes de notre ville", a réagi Agnès Langevine, troisième du premier tour avec 14,5 % des voix, qui s'est désistée en faveur de Jean-Marc Pujol.

À Carpentras, défaite dans une ville symbole pour l'extrême droite

Par ailleurs, l'extrême droite a perdu son pari de remporter la ville de Carpentras. Rangé derrière l'ancien numéro deux de l'armée de terre, le général Bertrand de la Chesnaie, le RN a été battu par le maire Serge Andrieu, largement en tête (45,81 % de voix), obtenant 39,17 % des suffrages. Le candidat Claude Melquior (Les Républicains) a recueilli 15 % des voix. 60,74 % des électeurs se sont abstenus.

Face à l'extrême droite, "les Carpentrassiens ont toujours tenu, bien tenu. Je ne souhaite qu'une chose, que Carpentras arrête d'être la ville que le Rassemblement national brigue depuis des années, parce qu'ils ne peuvent pas gagner chez nous !", a réagi Serge Andrieu sur France 3 Provence.

"J'ai deux déceptions, l'abstention monstrueuse et la démonstration que si on avait fait l'union à droite, ça serait passé", a déclaré à l'AFP Bertrand de la Chesnaie, dénonçant "une grosse connerie" du parti Les Républicains qui s'est maintenu.

En début de campagne, le Rassemblement national espérait une victoire dans cette ville symbole pour le parti, trente ans après la profanation du cimetière juif par des skinheads. La responsabilité morale de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, avait été pointée à l'époque.

C'est dans l'une des circonscriptions de cette ville qu'avait été élue députée en 2012, à 22 ans, Marion Maréchal, la nièce de Marine Le Pen et petite fille de Jean-Marie Le Pen. Ce dernier avait alors estimé que "l'affront" fait à son nom était ainsi "lavé".

Avec AFP

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