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Entrée en vigueur de l'accord commercial nord-américain sous haute tension

La vice-présidente du Canada Chrystia Freeland, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, et le négociateur commercial en chef du Mexique pour l'Amérique du Nord, Jesus Seade, signent un accord de libre-échange, le 10 décembre 2019 à Mexico
La vice-présidente du Canada Chrystia Freeland, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, et le négociateur commercial en chef du Mexique pour l'Amérique du Nord, Jesus Seade, signent un accord de libre-échange, le 10 décembre 2019 à Mexico RODRIGO ARANGUA AFP/Archives
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Washington (AFP)

C'était une promesse électorale de Donald Trump, le nouvel accord de libre-échange liant les Etats-Unis, le Canada et le Mexique entre en vigueur mercredi au moment où les frontières entre les trois pays sont partiellement fermées pour cause de pandémie de Covid-19.

Les déplacements non essentiels entre les trois pays sont en effet interdits jusqu'au 21 juillet pour endiguer le nouveau coronavirus. Les flux de marchandises continuent néanmoins de circuler.

Non seulement l'AEUMC (accord Etats-Unis, Mexique, Canada) prend effet dans un contexte particulier mais encore il est loin d'éliminer tous les sujets de friction entre les trois partenaires dont les économies sont devenues interdépendantes au fil du temps.

"Cela ressemble davantage à une trêve temporaire avec l'administration Trump qu'à un retour de la stabilité du commerce nord-américain", résume Edward Alden, expert en commerce international au Council on Foreign relations.

Et les tensions commerciales peuvent reprendre à tout moment avec un président américain reparti en campagne pour sa réélection en novembre.

Le 17 juin, avant l'entrée en vigueur du traité, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, qui a lui-même négocié l'AEUMC, avait d'ailleurs prévenu, devant le Congrès, que l'administration Trump était disposée à prendre des mesures aussi "souvent" que nécessaire pour contester les éventuelles violations du nouvel accord.

Il avait en particulier souligné que ses équipes surveilleraient de près la question du commerce des produits laitiers, litige de longue date entre agriculteurs américains et canadiens.

Pour le Mexique, M. Lighthizer avait pris acte des différends existants, mentionnant le refus de Mexico d'approuver les nouvelles importations de produits OGM américains ces deux dernières années.

L'AEUMC remplace l'Aléna (accord de libre-échange nord américain) qui datait de 1994 et qui était unanimement jugé obsolète.

Le président républicain, qui n'avait eu de cesse de le qualifier de "pire accord" commercial de l'histoire des Etats-Unis, avait imposé sa renégociation quelques mois après son arrivée à la Maison Blanche.

L'accusant d'avoir détruit des milliers d'emplois du secteur automobile en raison de la délocalisation de la production au Mexique où la main d'oeuvre est moins chère, il a finalement obtenu d'importants changements sur les "règles d'origine" permettant aux industriels américains de prendre une part plus importante dans cette industrie.

- Aluminium canadien -

Le texte initial de l'AEUMC avait été signé le 30 novembre 2018 mais il avait dû subir de nombreux amendements sous l'impulsion des démocrates américains. Sa version finale n'avait finalement été ratifiée que fin 2019.

Pour l'heure, les trois pays peuvent se réjouir du maintien du principe d'une vaste zone de commerce de libre-échange de marchandises sans droit de douane.

Regroupant quelque 500 millions d'habitants, ce traité est crucial pour les trois économies aujourd'hui interdépendantes.

En 2019, le commerce entre les trois a en effet représenté quelque 1.200 milliards de dollars.

Et le produit intérieur brut de leurs économies combinées représentent quelque 27% du PIB mondial.

"Avec le nouvel Aléna, on a su protéger nos industries culturelles dans l'ère numérique et pour l'avenir, on a pu assurer une meilleure protection pour notre industrie automobile", a déclaré lundi le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, lors de son point presse quotidien.

Il s'est en outre réjoui du fait que son gouvernement ait "su protéger l'accès privilégié que des milliers et des milliers d'entreprises canadiennes et des millions de Canadiens ont au marché américain à un moment de protectionnisme et d'incertitude sur le commerce mondial".

Mais il a aussi évoqué les rumeurs selon lesquelles Donald Trump pourrait réimposer des droits de douane sur l'aluminium canadien.

"Effectivement, on entend les propositions préoccupantes par rapport à des tarifs potentiels sur l'aluminium", a-t-il dit.

Mais il a mis en avant le besoin des Etats-Unis pour leur industrie d'automobile ainsi que pour leurs industries de haute technologie.

"Ils ne produisent pas assez d'aluminium aux Etats-Unis pour pouvoir combler leurs besoins et augmenter le prix de l'aluminium pour leurs travailleurs, pour leurs compagnies, c'est une mauvaise idée", a-t-il fait valoir.

En juin 2018, en pleine renégociation de l'Aléna, Donald Trump n'avait pourtant pas hésité à instaurer des droits de douane punitifs sur l'aluminium canadien, provoquant la stupéfaction de son allié historique.

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