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Turquie : arrestation de quatre personnes accusées d'espionnage au profit de la France

Le siège de l'agence française de renseignement extérieur, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), à Paris, le 4 juin 2015.
Le siège de l'agence française de renseignement extérieur, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), à Paris, le 4 juin 2015. © Martin Bureau, AFP
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La Turquie a confirmé, mercredi, par la voix de son ambassadeur en France, l'existence d'une "affaire" d'espionnage entre les deux pays, quelques jours après des informations publiées par un journal progouvernemental turc, en pleine crise diplomatique bilatérale.

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Une histoire d'espionnage vient s'ajouter aux fortes tensions actuelles entre Paris et Ankara. L'ambassadeur de la Turquie en France, Ismail Hakki Musa, a confirmé mercredi 1er juillet l'existence d'une "affaire" entre les deux pays, quelques jours après des informations publiées par le journal turc progouvernemental Sabah.

Selon un article publié le 22 juin, un ex-employé du service de sécurité du consulat général de France à Istanbul, Metin Ozdemir, s'est rendu à la police et a affirmé qu'il avait collecté des informations pour les services de renseignement extérieurs français (DGSE).

Quatre ressortissants turcs soupçonnés d'avoir espionné des milieux associatifs et religieux pour le compte de la France ont été arrêtés, poursuivait le journal.

Mercredi, Ismail Hakki Musa a répondu à une question sur le sujet devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat français, devenant le premier responsable turc à l'évoquer officiellement. "Cette affaire est traitée de près par la DGSE et le MIT turc. (Cela fait) deux ans que cette affaire fait l'objet d'échanges entre les deux services", a-t-il indiqué. 

"Le fait que cela ait trouvé écho dans la presse il y a quelques jours (...) n'a aucun rapport avec l'actualité", a-t-il soutenu, alors que les tensions diplomatiques entre Paris et Ankara prennent de l'ampleur.

Paris n'a jamais réagi publiquement sur ce dossier. Le ministère des Affaires étrangères a simplement refusé de "commenter des rumeurs de presse".

Réunir des renseignements sur des "associations conservatrices"

D'après Sabah, Metin Ozdemir a déclaré avoir transmis aux Français des renseignements sur 120 personnes, dont des imams, contre une rémunération mensuelle et la promesse d'intégrer la Légion étrangère, un corps de l'armée française composé de militaires étrangers.

Toujours selon le journal, Metin Ozdemir, se faisant passer pour un membre des services turcs enquêtant sur l'organisation État islamique, a recruté trois hommes : un employé de l'entreprise municipale de gestion de l'eau d'Istanbul, une personne travaillant dans les télécoms et le propriétaire d'un hôtel stambouliote.

La "cellule d'espionnage", ainsi que la qualifie Sabah, était chargée de réunir des renseignements sur des "associations conservatrices", les confréries religieuses et l'autorité des affaires religieuses (Diyanet), organisme public chargé d'encadrer le culte.

Selon le journal, les quatre hommes ont notamment récolté des informations sur l'association des femmes et de la démocratie (KADEM), coprésidée par la fille cadette du président Recep Tayyip Erdogan.

D'après Sabah, Metin Ozdemir s'est rendu aux autorités turques après avoir eu un désaccord avec les agents français. Les quatre hommes seront jugés pour espionnage, a affirmé l'organe de presse.

Avec AFP

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