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Algérie : la justice libère Karim Tabbou, figure emblématique du "Hirak"

Karim Tabbou, figure emblématique du "Hirak", a été libéré par la justice algérienne, le 2 juillet 2020.
Karim Tabbou, figure emblématique du "Hirak", a été libéré par la justice algérienne, le 2 juillet 2020. © France 24, archives
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La justice algérienne a décidé, jeudi, de relâcher Karim Tabbou, figure emblématique du mouvement populaire antirégime du "Hirak". Ce geste pourrait annoncer d'autres libérations d'opposants, à la veille de l'anniversaire de l'Indépendance. 

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Une libération symbolique. La justice algérienne a décidé, jeudi 2 juillet, de remettre en liberté la figure emblématique du "Hirak", Karim Tabbou. "La demande de liberté provisoire a été acceptée. Tabbou va être libéré jeudi", a déclaré l'un des avocats de l'opposant, Maître Abdelghani Badi.

Il devrait retrouver la liberté jeudi après-midi.

Emprisonné depuis le 26 septembre 2019, Karim Tabbou avait été condamné en appel le 24 mars dernier à un an de prison ferme pour "atteinte à l'intégrité du territoire national".

Lors de ce procès, l'accusé avait refusé de comparaître sans la présence de ses avocats mais le juge avait refusé d'accéder à sa demande. Karim Tabbou avait été pris d'un malaise en pleine audience, victime d'une poussée de tension artérielle, selon ses avocats.

L'opposant est également poursuivi pour "atteinte au moral de l'armée" dans le cadre d'une autre affaire, dont le procès a été reporté au 14 septembre.

Soixante-dix prisonniers d'opinion derrière les barreaux

Les ONG de défense des droits de l'Homme se sont félicitées de la décision de la justice algérienne. "Algérie, Karim Tabbou enfin libéré. Grand soulagement en attendant les autres", a aussitôt tweeté Saïd Salhi, le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme.

"Bonne Nouvelle : Liberté provisoire pour #KarimTabbou", a abondé Amnesty International, qui avait lancé une campagne internationale en faveur de sa libération. Et de réclamer "la libération immédiate et sans condition de tous les détenus d'opinion en Algérie".

"Karim Tabbou relâché par ses ravisseurs. Il reste tous les autres. Il restera, ensuite, à libérer la justice", a tempéré Abdellah Benadouda, fondateur de Radio Corona Internationale (RCI), une station pro-"Hirak" basée aux États-Unis. 

Selon le Comité national pour la libération des détenus, une association de soutien, près de 70 prisonniers d'opinion sont actuellement derrière les barreaux, la plupart pour des publications sur Facebook.

Geste d'apaisement avant l'anniversaire de l'Indépendance ?

Karim Tabbou est l'un des visages et l'une des voix les plus connues du "Hirak", le mouvement de protestation antirégime qui a éclaté le 22 février 2019. Chef d'un petit parti d'opposition non enregistré, l'Union démocratique et sociale (UDS), son portrait était régulièrement brandi lors des manifestations hebdomadaires en Algérie.

"On est content pour Tabbou et sa famille, c'est une décision qui est la bienvenue. On attend la libération de tous les détenus, ça serait un bon geste d'apaisement", a commenté un autre avocat, Me Mustapha Bouchachi. 

Un premier signe ? Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a gracié, mercredi soir, six détenus, dont trois liés au "Hirak". La présidence a fait état de cette mesure de clémence dans un communiqué publié à l'approche du 58e anniversaire de l'Indépendance, célébré dimanche et qui est l'occasion d'appels à l'unité nationale. 

Depuis son élection le 12 décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune avait décrété plusieurs grâces présidentielles au profit de milliers de prisonniers mais, jusqu'à présent, les détenus du "Hirak" en avaient été exclus.

Outre Karim Tabbou, une autre militante connue, Amira Bouraoui, a également été libérée jeudi.

Avec AFP

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