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La F1 inaugure en Autriche ses Grands Prix "d'après"

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Spielberg bei Knittelfeld (Autriche) (AFP)

Équipes réduites et isolées les unes des autres, masque indispensable, conférences de presse virtuelles... la Formule 1 se retrouve jeudi en Autriche pour son premier Grand Prix de 2020 et de l'ère du coronavirus, à l'issue sportive incertaine.

Parmi les premières grandes compétitions internationales à reprendre, la catégorie reine du sport automobile se sait scrutée. Elle a donc tenté de ne rien laisser au hasard en édictant un code de conduite auquel doivent adhérer tous ceux qui ont accès au Red Bull Ring, au centre du pays.

Clés de voûte de ce protocole sanitaire: tester les participants tous les cinq jours et limiter les contacts au strict nécessaire, pour ne pas risquer une annulation après une contamination, comme en mars en Australie, voire une flambée de cas positifs, comme à l'Adria Tour du tennisman Novak Djokovic récemment.

Les téléspectateurs découvriront donc de vendredi à dimanche un paddock fantôme et des tribunes désertées, le GP se disputant à huis clos.

Du coup, "il faudra tâcher de faire le spectacle" en piste, exhorte dans une vidéo diffusée par Red Bull le Néerlandais Max Verstappen, dont l'écurie est à domicile.

Il y a quelques raisons d'espérer en ce sens.

- "Scénario sans précédent" -

"La première course de la saison est souvent chaotique et c'est là que des opportunités se présentent", rappelle le team principal d'Alfa Romeo, Frédéric Vasseur, dans un communiqué, à défaut de pouvoir s'exprimer directement face aux médias.

D'autant qu'on ne peut être sûr de l'équilibre des forces. Certes, Mercedes a dominé les essais hivernaux en février, devant Red Bull, puis Ferrari et un milieu de peloton dense, mais tous attendront les qualifications samedi pour dévoiler l'étendue de leur jeu.

Certaines écuries, comme Mercedes, Red Bull ou encore Renault (équipe du revenant français Esteban Ocon, privé de baquet en 2019), feront aussi rouler des voitures bien évoluées, quand la Scuderia, moins satisfaite de ses trouvailles, attendra le troisième GP en Hongrie dans deux semaines.

"Nous sommes à 99% sûrs que nous aurons plus de difficultés que l'an dernier", a d'ailleurs prévenu le Monégasque Charles Leclerc, protégé par un masque rouge, lors d'une conférence de presse virtuelle.

Le format inédit de cette saison apporte également son lot de surprises potentielles.

Les dix premières manches annulées ou reportées, ainsi que Singapour et le Japon plus tard dans l'année, le championnat sera plus court que les 22 courses initialement programmées. Huit ont été officialisées en Europe jusqu'à septembre et la F1 espère en organiser entre 15 et 18 d'ici mi-décembre.

"Nous ne savons même pas combien de courses nous allons faire, c'est un scénario sans précédent, donc chaque point sera absolument crucial", résume l'Espagnol Carlos Sainz Jr, qui quittera McLaren pour Ferrari en 2021.

Avec moins d'occasions d'effacer ses erreurs, il faudra des voitures fiables et des pilotes prudents, mais aussi de l'audace pour ne pas laisser passer sa chance.

- "Plus de pression" -

Enfin, il y a le défi même qu'offre le Red Bull Ring, circuit court (4,318 km) et aux virages piégeux qui requiert "d'être très précis", pointe le Mexicain Sergio Pérez (Racing Point), pour qui "il y a plus de pression qu'à l'accoutumée sur un tour".

Techniquement, il faut aussi composer avec la perte d'appuis aérodynamiques et les problèmes de refroidissement posés par l'altitude (677 m).

Souvent dominatrices ailleurs, les Mercedes y ont connu des déconvenues ces dernières années (double abandon en 2018, 3e et 5e en 2019), quand Red Bull et Verstappen restent sur deux succès consécutifs.

S'ils réalisaient la passe de trois, voire de quatre la semaine suivante puisqu'une deuxième course sera organisée à Spielberg, cela pourrait changer la physionomie d'une discipline archi-dominée par Mercedes depuis 2014.

Attention d'ailleurs à la couleur des monoplaces allemandes, noires cette année en soutien au mouvement contre le racisme "Black Lives Matter" cher à leur pilote britannique Lewis Hamilton, qui égalerait la légende Michael Schumacher s'il décrochait un septième titre mondial en fin de saison.

La F1 elle-même a orné paddock et voitures d'arcs-en-ciel et du slogan "We race as one" (unis dans la course) pour saluer les luttes contre le Covid-19 et contre les discriminations.

Nouvelle livrée blanc, bleu clair et bleu foncé pour Williams aussi. Fini le rouge du sponsor ROKiT qui a récemment lâché l'équipe britannique, au sein de laquelle le Canadien Nicholas Latifi, 25 ans, fait enfin ses débuts en F1.

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