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Marseille : ultimes manœuvres avant l'élection du maire, la droite se déchire avant le "3e tour"

Défaite, dimanche, dans son propre bastion des 6e et 8e arrondissements dimanche, Martine Vassal a jeté l'éponge dans la course à la mairie de Marseille.
Défaite, dimanche, dans son propre bastion des 6e et 8e arrondissements dimanche, Martine Vassal a jeté l'éponge dans la course à la mairie de Marseille. © Clement Mahoudeau, AFP (archives)
4 mn

Le suspense reste entier à Marseille, où les municipales n'ont pas livré un verdict clair, dimanche. D'un côté, la gauche est arrivée en tête mais sans majorité absolue, et de l'autre, la droite se déchire avant le "troisième tour" du scrutin, prévu samedi lors du premier conseil de la mandature.

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Les observateurs avisés de la scène politique marseillaise qui avaient prédit une semaine agitée pour la cité phocéenne, en prévision du "troisième tour" des municipales, ne se sont pas trompés.

Il devait notamment être question des tractations en coulisses, afin de contourner la situation de blocage, entre le Printemps marseillais, arrivé largement en tête en nombre de voix au terme du second tour des municipales, mais avec seulement une majorité relative pour la gauche.

Mais c’est surtout à droite, qui gouverne la ville depuis 1995, que le coup de tonnerre a retenti, jeudi 2 juillet. En quelques heures à peine, la candidate des Républicains Martine Vassal, battue dans le 4e secteur, a jeté l’éponge au profit du député des Bouches-du-Rhône Guy Teissier, avant qu’un deuxième élu Les Républicains, Lionel Royer-Perreaut annonce sa candidature au poste de maire.

La droite en rangs divisés

En annonçant son retrait, Martine Vassal, qui semblait au soir du scrutin vouloir maintenir sa candidature, assurait pouvoir compter sur le retour dans le giron LR du dissident Bruno Gilles, dont les listes ont obtenu trois sièges de conseillers.

Les blocs de gauche et de droite étaient ainsi à égalité, selon les calculs de la présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille, à 42 conseillers municipaux chacun, dans une ville où les résultats dans les secteurs pèsent énormément sur la composition du conseil municipal.

En vertu de la loi dite PLM (Paris Lyon Marseille), les 101 nouveaux conseillers municipaux procèderont à l'élection du maire de la deuxième ville de France, samedi, lors du premier conseil de la mandature. Ils devront désigner le successeur de Jean-Claude Gaudin, lors d'un vote à la majorité absolue aux deux premiers tours, ou à la majorité qualifiée au troisième tour. En cas d'égalité lors de ce troisième tour, c'est le doyen d'âge qui sera élu.

C'est notamment ce point de règlement, qui avait motivé Martine Vassal, dont la campagne a été ébranlée par un scandale lié à de possibles fausses procurations, à céder sa place à Guy Teissier, âgé de 75 ans.

Mais la décision de Lionel Royer-Perreaut de se présenter a sonné le glas de cette stratégie."Je sais qu'il y a des ententes en cours avec le Front national et je ne peux pas m'inscrire dans une stratégie d'alliance avec le Front national" (aujourd'hui Rassemblement national RN), accuse dans un message vidéo posté sur Facebook Lionel Royer-Perreaut, facilement réélu dimanche soir à la mairie des 9e et 10e arrondissements de la ville.

"Je ne peux pas soutenir la candidature de Guy Teissier parce qu'il n'a pas été candidat, il n'a pas été élu par les Marseillais pour être désigné maire d'arrondissement et mieux maire de Marseille", a-t-il expliqué.

"Il n'est pas question de faire d'alliance avec le RN"

Bien que M. Teissier, député depuis 27 ans et maire de secteur pendant 18 ans, ait été en 3e position, lors de ces municipales sur la liste de Lionel Royer-Perreaut, une très forte rivalité oppose les deux hommes, selon un observateur de la vie politique marseillaise cité par l’AFP.

Interrogé par l'AFP sur la position qu'il adopterait en cas de victoire grâce aux élus du RN, au nombre de neuf conseillers, Guy Teissier a esquivé : "Ce n'est pas écrit sur les bulletins", a-t-il simplement lancé.

De son côté, le président des Républicains Christian Jacob a appelé "tout le monde au sens des responsabilités" dans "le dialogue et la discussion", en précisant à l’AFP qu'"il n'est pas question de faire d'alliance avec le Rassemblement national, pas plus qu'avec la France insoumise".

À gauche, la situation reste inchangée. La tête de liste écologiste du Printemps Marseillais, Michèle Rubirola, tente toujours de rallier l'ex-socialiste Samia Ghali, qui compte huit conseillers municipaux.

"Je souhaite qu'ils travaillent avec nous (...) en partageant avec le Printemps Marseillais un projet qui assure un rééquilibrage de Marseille et de ses politiques publiques dans tous les secteurs", a écrit, mercredi, dans un communiqué Michèle Rubirola, en s'adressant à "Samia Ghali et ses colistiers". 

Avec huit conseillers, Samia Ghali, réélue dans son secteur devant le candidat communiste du Printemps Marseillais, Jean-Marc Coppola, se retrouve dans un rôle d’arbitre. Très convoitée, la sénatrice, désormais en rupture de ban avec le PS, est toutefois restée muette sur ses intentions depuis dimanche.

Tout en assurant qu'elle ne ferait "pas de compromissions", Martine Vassal lui a également lancé un appel du pied en rappelant qu'elle avait retiré sa liste dans le 8e secteur de la ville, où la sénatrice a été réélue dimanche, alors que le Printemps marseillais avait par contre choisi de se maintenir contre elle, provoquant une triangulaire avec le RN.

"Elle est responsable de ses voix, je vous invite à lui poser la question pour voir ce qu'il se passera", avait-elle déclaré. Verdict samedi.

Avec AFP

 

 

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