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Jean Castex, Premier ministre : nouveau départ pour la Convention pour le climat ?

Emmanuel Macron s'adressant aux 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat, le 29 juin 2020, dans les jardins de l'Élysée.
Emmanuel Macron s'adressant aux 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat, le 29 juin 2020, dans les jardins de l'Élysée. AFP - CHRISTIAN HARTMANN
8 mn

Alors que plusieurs ministres ont envoyé de médiocres signaux à la Convention citoyenne pour le climat, en écartant tout au long de la semaine, certaines de leurs propositions, les 150 espèrent que le nouveau Premier ministre saura donner un nouveau cap.

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C’est une annonce qui tombe à pic. Même si elle flottait dans l’air depuis plusieurs jours, l’officialisation du départ d’Édouard Philippe, remplacé par Jean Castex, vendredi 3 juin, et la démission du gouvernement offre un nouveau départ aux propositions des 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat. Car depuis le discours d’Emmanuel Macron, lundi 29 juin, promettant de transmettre 146 des 149 de ces propositions, plusieurs ministres ont envoyé des signaux inquiétants pour la Convention tout au long de la semaine.

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Dès le lendemain de la réception à l’Élysée des membres de la Convention pour le climat, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, se disait "réservé" quant à l’interdiction de la publicité pour les produits les plus polluants, une mesure proposée par les 150 visant en particulier les SUV. "Ouvrons le débat sur le sujet. Ce à quoi je suis favorable, c’est une transparence totale, à ce qu’on informe le consommateur", assurait-il sur l’antenne de BFM TV.

Et dans la même interview, il disait également non à la réduction de 10 % à 5,5 % de la TVA sur les billets de train. "Je ne suis pas favorable à ce que l’on touche à toute TVA. Baisser la TVA ce sont des dépenses fiscales qui sont très lourdes pour l’État, a-t-il souligné. Est-ce qu’on préfère baisser la TVA pour inciter les gens à prendre le train ou est-ce qu’on emploie cet argent à développer les lignes ferroviaires ?"

Nouvelle déconvenue pour les 150 citoyens lors des questions au gouvernement, mardi 30 juin, où la secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, a confirmé que la France allait poursuivre le développement de la 5G sur son territoire. "Oui, nous allons lancer les enchères de la 5G [pour attribuer les premières fréquences]", a répondu la ministre, interrogée à l’Assemblée nationale par le député François Ruffin (LFI).

Le rapport final de la Convention pour le climat proposait pourtant d'"accompagner l'évolution du numérique pour réduire ses impacts environnementaux", et demandait l'instauration "d'un moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de l'évaluation de la 5G sur la santé et le climat", en cours de réalisation par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Celle-ci avait relevé en janvier le manque de données scientifiques sur le sujet et doit rendre son rapport final en 2021.

"Nous serons attentifs au positionnement des futurs ministres"

"Toutes ces annonces ne correspondent pas à l’engagement que l’on a entendu de la part du président de la République, donc on s’est demandé s’il n’y avait pas en réalité d’autres jokers", admet Grégoire Fraty, l’un des 150 membres de la Convention pour le climat, contacté par France 24, en référence aux trois "jokers" qu’Emmanuel Macron s’est accordés.

"On ne comprend pas que des choses soient mises de côté avant même la moindre discussion et le moindre travail préalable. Cette manière de faire ne respecte pas la parole présidentielle", ajoute-t-il.

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À l’image de Grégoire Fraty, plusieurs membres de la Convention pour le climat se sont exprimés sur les réseaux sociaux pour faire part de leur mécontentement, rappelant à Emmanuel Macron qu’il leur avait promis de pouvoir user d’un "droit d’alerte". "Nous nous interrogeons sur les sujets déjà mis de côté par certains ministres alors que les travaux et rencontres promis n’ont pas encore commencé. Nous serons ainsi vigilants à ce qu’aucun autre ‘joker’ ne soit utilisé sans concertation ni dialogue", a également fait savoir l’association Les 150 dans un communiqué publié le 1er juillet.

Avec l’arrivée de Jean Castex en remplacement d’Édouard Philippe et la nomination de nouveaux ministres, la Convention pour le climat peut espérer une nouvelle équipe plus favorable à ses propositions, ou en tout cas, qui offrira à ses membres un vrai dialogue, conformément à la promesse d’Emmanuel Macron.

Quelques heures à peine après la passation de pouvoirs, le nouveau Premier ministre a insisté sur la priorité qu'est l'écologie. "Elle n'est pas une option, elle est entrée dans toutes les têtes, elle transcende la classe politique, a martelé Jean Castex. Maintenant, comment amplifier ? C'est au coeur des priorités que le président de la République m'a chargé de mettre en œuvre."

Pour Grégoire Fraty : "Tout dépend maintenant de la direction qui sera donnée. Peu importe l’identité du nouveau Premier ministre, ce qui compte c’est le dialogue qui s’amorcera ou pas avec la nouvelle équipe. Ce qui est certain, c’est que nous serons attentifs au positionnement des futurs ministres."

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