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Covid-19 : aux États-Unis, certains étudiants étrangers menacés d'expulsion

Des étudiants à Harvard. (Image d'archive)
Des étudiants à Harvard. (Image d'archive) © REUTERS/Brian Snyder
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L'administration Trump a décidé, lundi, de ne pas accorder de visa aux étudiants étrangers, dont les universités ont opté pour des cours en ligne à cause de la pandémie. Ceux qui sont déjà sur le territoire américain doivent le quitter ou s'inscrire dans un autre établissement proposant des cours en personne.

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Après le gel des cartes vertes, l'administration Trump opère un nouveau tour de vis sur l'immigration. Washington a annoncé, lundi 6 juillet, que les étudiants étrangers ne seraient pas autorisés à rester aux États-Unis si leur université décidait, par peur du nouveau coronavirus, de faire cours uniquement en ligne à la rentrée.

Le gouvernement américain ne "donnera pas de visas aux étudiants inscrits dans des programmes intégralement en ligne à l'automne et les garde-frontières ne les laisseront pas entrer sur le territoire", a annoncé la police de l'immigration et des douanes (ICE) dans un communiqué.

Quant aux étudiants déjà présents sur le territoire américain, "ils doivent quitter le pays ou prendre d'autres mesures, comme s'inscrire dans une école avec des cours en personne pour conserver leur statut légal". Sinon, ils pourront être "faire face à une procédure d'expulsion".

Quand les établissements opteront pour un modèle "hybride", ils devront certifier que leurs étudiants étrangers sont bien inscrits au maximum possible de cours en personne, afin que ceux-ci conservent leurs droits de séjour. Ces dérogations ne seront pas autorisées pour les études d'anglais ou des formations professionnelles.

"Cruauté"

"La cruauté de la Maison Blanche ne connaît aucune limite", a immédiatement critiqué le sénateur Bernie Sanders, ancien prétendant à l'investiture démocrate pour la présidentielle du 3 novembre. "Les étudiants étrangers se retrouvent à devoir choisir entre risquer leur vie dans des salles de classe ou se faire expulser", a-t-il poursuivi.

"Le pire c'est l'incertitude", a confirmé à l'AFP Gonzalo Fernández, un jeune Espagnol de 32 ans qui fait un doctorat en économie à l'université George Washington. "Nous ne savons pas si nous aurons des cours le semestre prochain, si nous devons rentrer chez nous ou s'ils vont nous mettre dehors..."

La mesure concerne les visas F1 (pour des études académiques) ou M1 (pour des formations professionnelles). Environ 1,2 million de personnes en étaient dotées en mars, dont une grande majorité d'Asiatiques (Chinois, Indiens, Sud-Coréens), selon les données officielles.

"Recours inévitables"

Comme le reste du pays, les universités américaines, qui comptent 5,5 % d'étudiants étrangers en moyenne et dépendent grandement de leurs frais de scolarité, ont fermé leurs portes en mars et basculé vers un enseignement en ligne pour tenter d'endiguer la pandémie. 

Faute de vaccins, certaines, dont l'Université de l'État de Californie ou la prestigieuse université de Harvard, ont annoncé qu'ils poursuivraient avec des cours à 100 % en ligne à la rentrée, même pour les étudiants autorisés à vivre sur les campus.

D'après Aaron Reichlin-Melnick, du think tank American Immigration council, la nouvelle règle est censée permettre aux étudiants de poursuivre leurs études depuis leur pays mais cela n'est pas réaliste, notamment en raison des difficultés de voyager ou du retard technologique de certains pays d'origine. "Des recours en justice sont inévitables", a-t-il prédit sur Twitter.

Le président Trump, en campagne pour sa réélection, pousse pour une remise en marche du pays, bien que la pandémie ne soit pas sous contrôle, avec déjà plus de 130 000 morts et une flambée des infections dans le sud et l'ouest du pays. "Les écoles doivent rouvrir", a-t-il notamment tweeté lundi en lettres capitales.

Avec AFP

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