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Élément Terre

Le pouvoir dépolluant des cheveux

ÉLÉMENT TERRE
ÉLÉMENT TERRE © France 24
Par : Marina BERTSCH Suivre | Romain CALVETTI | Julia GUGGENHEIM | Valérie DEKIMPE | Clémence WALLER

Exxon Valdez, 1989. Deepwater Horizon, 2010. Russie, 2020. Ces marées noires seront pour toujours inscrites dans nos mémoires comme des désastres hors normes pour l'environnement. Un coiffeur du sud de la France a décidé de changer les choses en utilisant une ressource renouvelable et pourtant ignorée : nos cheveux. Comment peuvent-ils aider à lutter contre la pollution des eaux dans les ports et les océans?

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Thierry Gras, coiffeur à Saint-Zacharie dans le Var, a remarqué une chose : le cheveu a de remarquables propriétés "adsorbantes", c’est-à-dire qu'il fixe les matières. Une ressource naturelle gaspillée dont il a décidé de faire quelque chose.

"Quand je vois la quantité de cheveux que jettent les coiffeurs tous les jours, c’est quand même 50 % de notre poubelle. C'est dommage, parce que cette matière est propre et déjà triée. Toutes les clientes nous demandent : ‘Mais qu’est-ce que vous faites des cheveux ?’ Jusqu’à maintenant, on leur disait 'rien', mais maintenant, on en fait quelque chose", explique-t-il.

En 2015, il a créé l'association "Coiffeurs justes". Il collecte les cheveux pour leur donner une seconde vie : insérés dans des collant de femme usagés, ils deviennent des armes anti-pollution.

De nature lipophile, les cheveux fixent toutes les huiles, du sébum au pétrole, en passant par les moteurs des bateaux. Plongé dans cette eau souillé, le boudin capte la pollution grasse. Réutilisable, il peut être utilisé 4 à 5 fois avant d'être remplacé.

Le port de Cavalaire-sur-Mer est le premier au monde à tester l’efficacité de tels dispositifs en coopération avec les "Coiffeurs Justes". 

"La pollution dans un port est de plus en plus marginale, mais elle peut être présente de manière accidentelle, explique Cyril Grimal, son directeur adjoint. Sur la station d'avitaillement, on a toujours peur qu’il y ait une goutte ou deux qui tombent du pistolet du carburant."

Avant, le port utilisait des matériaux industriels ou synthétiques pour combattre cette pollution. Ces matériaux deviennent eux mêmes des polluants. L’utilisation des cheveux comme barrières pour combattre la pollution pétrolière permet de créer un système écologique et économique vertueux, pour une matière peu onéreuse à produire. 

"Une fois qu’on aura montré que c’est satisfaisant, que c’est économique, qu’on répond aux trois piliers du développement durable, on pense qu’on va convaincre beaucoup de ports et l’idée c’est de répandre ça dans un maximum de ports de plaisance déjà en France et pourquoi pas après à l’étranger", espère Cyril Grimal.

 

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