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Deutsche Bank condamnée à 150 millions de dollars d'amende pour ses relations avec Jeffrey Epstein

Jeffrey Epstein a confié ses biens, chiffrés à quelque 577 millions de dollars, à un "trust" aux bénéficiaires inconnus.
Jeffrey Epstein a confié ses biens, chiffrés à quelque 577 millions de dollars, à un "trust" aux bénéficiaires inconnus. Shannon Stapleton, Reuters
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Une agence américaine a annoncé mardi avoir imposé une amende de 150 millions de dollars à Deutsche Bank pour ne pas avoir été suffisamment vigilante dans ses relations avec Jeffrey Epstein ainsi qu'avec des banques étrangères soupçonnées de blanchiment. 

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Deutsche Bank payera 150 millions de dollars (133 millions d'euros) pour clore les dossiers ouverts par le régulateur des services financiers de l'État de New York (DFS) sur des défauts "importants" de respect des règles de conformité dans les relations de la banque avec plusieurs clients, dont le financier Jeffrey Epstein, aujourd'hui décédé. C'est la première fois que des poursuites étaient engagées contre une institution financière concernant des liens d'affaires avec Jeffrey Epstein, le criminel sexuel qui s'est suicidé en prison en août 2019.

"Pendant des années, le comportement criminel et offensant de Jeffrey Epstein était bien connu mais de grandes institutions ont continué d'excuser cette histoire et de le faire bénéficier de leur crédibilité ou de leurs services dans un but financier", a déclaré Andrei Cuomo, le gouverneur de l'État de New York.

Deutsche Bank reconnaît "une erreur majeure" 

Les autorités de l'État reprochent à Deutsche Bank de ne pas avoir surveillé assez attentivement les opérations de plusieurs millions de dollars réalisées par Jeffrey Epstein alors que des informations sur ses délits et crimes sexuels étaient "largement" diffusées.

"Les banques sont la première ligne de défense quand il s'agit d'empêcher la criminalité par le biais du système financier, et il est fondamental que les banques adaptent le suivi de l'activité de leurs clients en fonction des types de risques qui sont posés par un client particulier", a justifié Linda Lacewell, responsable du DFS. "Dans le cas de Jeffrey Epstein, bien que connaissant (ses) terribles antécédents criminels, il est inexcusable que la banque ne soit pas parvenue à détecter ou à empêcher des millions de dollars de transactions suspectes", a-t-elle ajouté.

Dans une note interne aux salariés de Deutsche Bank, le président du groupe, Christian Sewing, déclare qu'accepter de prendre Jeffrey Epstein comme client en 2013 était "une erreur majeure", tout en assurant que la banque avait contacté les autorités "immédiatement après" l'arrestation de M. Epstein et collaboré aux enquêtes. "Nous devons tous faire en sorte que ce genre de choses ne reproduise pas", ajoute-t-il. 

Relations avec des banques soupçonnées de blanchiement

Le DFS reproche par ailleurs à Deutsche Bank de ne pas avoir supervisé de façon adéquate ses rapports avec Danske Estonia et FMBE. Danske Estonia a notamment transféré de grandes quantités d'argent au nom d'oligarques russes et Deutsche Bank n'a pas empêché l'établissement de "transférer des milliards de dollars de transactions suspicieuses via des comptes de Deutsche Bank à New York". 

Le DFS accuse parallèlement Deutsche Bank d'avoir ignoré des signaux d'alerte en ce qui concerne FBME, une banque basée en Tanzanie et accusée par les États-Unis d'opérations de blanchiment d'argent. Tout en assurant qu'il n'y avait eu "aucun effort intentionnel en interne pour faciliter des activités illégales", le porte-parole de Deutsche Bank a reconnu que l'établissement avait "identifié diverses lacunes" dans sa surveillance des banques ayant utilisé ses services de compensation.

Avec AFP et Reuters 

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