En France, anciens et nouveaux ministres se sont passé le pouvoir

Le nouveau garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti lors de sa passation de pouvoir avec Nicole Belloubet, le 7 juillet à Paris.
Le nouveau garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti lors de sa passation de pouvoir avec Nicole Belloubet, le 7 juillet à Paris. © Alain Jocard, AFP

Plusieurs transitions ont eu lieu, mardi, dans les ministères, au lendemain de l'annonce de la composition du nouveau gouvernement du Premier ministre Jean Castex. Le nouveau garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a assuré qu'il ne "faisait la guerre à personne", un signe d'apaisement pour les magistrats. De son côté, Gérald Darmanin a assuré les forces de l'ordre de son "soutien total". 

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Les passations des pouvoirs se sont succédé dans les ministères, mardi 7 juillet, notamment entre Nicole Belloubet et Éric Dupond-Moretti à la Justice, Christophe Castaner et Gérald Darmanin à l'Intérieur, Élisabeth Borne — nommée ministre du Travail — et Barbara Pompili à la Transition écologique ou encore entre Didier Guillaume et Julien Denormandie à l'Agriculture.

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Lors de sa passation de pouvoir avec Nicole Belloubet, mardi 7 juillet, le nouveau garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a tenu à "adresser un message bienveillant à toute la famille judiciaire". "Je ne fais de guerre à personne", a assuré le ténor du barreau, qui a été, au cours de sa carrière d'avocat, souvent très critique envers les juges et le parquet.

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Lors d'un discours concis aux allures de programme, Éric Dupond-Moretti a présenté les grands axes de sa future politique. "Je veux avancer sur un projet qui me tient à cœur : l'indépendance de la justice. Je souhaite être le garde des Sceaux, qui portera enfin, lors d'un congrès, la réforme du parquet tant attendue", a-t-il souligné.  

"Mon ministère sera aussi celui de l'antiracisme et des droits de l'Homme", a par ailleurs promis Éric Dupond-Moretti, dans le sillage des récents débats sur les violences policières et les accusations de racisme au sein des forces de l'ordre.

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Le nouveau garde des Sceaux a également souligné les "conditions de vie inhumaines et dégradantes" des détenus en France, tout en assurant l'administration pénitentiaire de son "indéfectible soutien". Il leur réserve sa "première visite" de ministre, après le mouvement social des surveillants de prison qui a marqué le mandat de Nicole Belloubet et se rendra dans l'après-midi à la prison de Fresnes (Val-de-Marne), selon une porte-parole de la Chancellerie.

Il a enfin annoncé vouloir mener une réflexion "sur la présomption d'innocence et le secret de l'enquête", en y associant "des journalistes". "La justice ne se rend pas dans la rue, ni sur les réseaux sociaux, ni dans les médias", a-t-il rappelé.

  • Intérieur : Gérald Darmanin assurent les forces de l’ordre de son "soutien total "

De son côté, le nouveau ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a promis aux forces de l'ordre son "soutien total" promettant d'être "le premier d'entre eux", lors de la passation de pouvoirs avec son prédécesseur Christophe Castaner." Je défendrai tout ce qui peut être défendu, je soutiendrai tout ce qui peut être soutenu", a-t-il ajouté, évoquant un ministère du "refuge" et de "l'exemple". "Le ministère de l'Intérieur est celui de la protection des Français", a-t-il complété.

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Il "est le premier des ministères sociaux car quand il n'y a pas d'ordre républicain, ce sont les plus faibles d'entre nous qui trinquent", a-t-il affirmé, aux côtés de la nouvelle ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa.

S'il a rappelé l'importance de "la liberté de conscience et de croyance", il a aussi affirmé que "la foi, jamais ne doit être au-dessus de la loi. Nous devons être intraitable avec ce que le président de la République a qualifié de séparatisme" et "lutter de toutes nos forces contre l'islamisme politique qui attaque la République".

Christophe Castaner qui quitte au bout d'une vingtaine de mois la place Beauvau, a fait part de sa "fierté", notamment des chantiers engagés, le schéma national du maintien de l'ordre, le livre Blanc sur la sécurité intérieure et le combat contre les violences sexuelles et sexistes. 

Il a dit avoir défendu les forces de l'ordre "à chaque instant" mais leur avoir aussi "parlé avec franchise de déontologie". "Je ne le regrette pas", a-t-il complété. "Être leur ministre, c'est les défendre mais c'est aussi être exigeant", a-t-il souligné. Il a rendu un vibrant hommage à son secrétaire d'État, Laurent Nunez, dont Gérald Darmanin a dit qu'il continuerait à "servir l'intérêt général et ce ministère".

Avec AFP

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