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Les César font un pas vers la parité et la démocratie interne

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Paris (AFP)

Une première réponse aux accusations de sexisme, d'entre-soi et d'opacité : cinq mois après une crise inédite, l'Académie des César a adopté une profonde refonte de son fonctionnement, mettant l'accent sur la démocratie interne et la parité hommes/femmes.

Au terme d'une réunion à huis-clos dans les locaux du Centre national de la cinématographie (CNC), les administrateurs de l'Académie ont voté une profonde réforme des statuts.

Ils avaient démissionné en bloc mi-février après plusieurs semaines de crise ouverte, précipitant une crise inédite dans le cinéma français.

Jusqu'ici opaque et fondé sur la cooptation, le fonctionnement des César est largement simplifié. Les 4.313 membres de l'Académie, ces personnalités et professionnels du 7e art qui décernent les récompenses les plus convoitées du cinéma français, pourront désormais se présenter et élire pour quatre ans leurs représentants dans l'association qui organise la cérémonie.

Ces nouveaux élus s'ajouteront aux professionnels français ayant décroché un Oscar, qui étaient déjà membres de droit, ainsi qu'aux autres anciens membres qui feront la demande, d'ici fin juillet, de conserver leurs sièges.

Ces élections, cruciales pour tourner la page d'une institution accusée d'opacité et d'entre-soi par de nombreuses personnalités du 7e art, devraient avoir lieu avant début septembre.

- Un "tandem" paritaire à la tête -

La réforme met aussi l'accent sur l'égalité hommes/femmes, la crise ayant jetée une lumière crue sur la place réservée à ces dernières dans le cinéma français. Deux semaines après la démission collective des administrateurs, la 45e cérémonie des César avait en effet été marquée par des manifestations féministes et le départ fracassant de l'actrice Adèle Haenel, quand Roman Polanski, visé par des accusations de viols, s'est vu attribuer en son absence le prix de la meilleure réalisation.

Les nouveaux statuts comportent avec une mesure phare : la présidence des César sera désormais assurée par un "tandem" des deux sexes.

La "parité intégrale" devra aussi être strictement respectée dans l'assemblée générale de l’association, son conseil d'administration et son bureau.

Le tout pour des mandats de deux ans, renouvelables un fois. L'ancien président à la gouvernance controversée, le producteur Alain Terzian, parti avec la crise, avait passé 17 ans aux commandes.

- Sauver l'institution -

Lorsque ces nouvelles instances seront mises en place, les nouveaux dirigeants devront s'atteler à une deuxième tâche : renforcer "la parité, la diversité et la représentativité" de l'Académie des César elle-même, suffisamment rapidement pour pouvoir organiser l'édition 2021.

Avec cette réforme, menée sous l'égide du Centre national de la cinématographie, qui ne finance par les César mais avait été appelé à la rescousse face à la gravité de la crise, l'Académie franchit un premier cap. Avec l'objectif de sauver l'institution, apparue en décalage avec des enjeux qui agitent le cinéma, en France et au-delà.

Ce vote "était une étape très importante" d'un processus "qui suit son cours", a commenté auprès de l'AFP l'un des administrateurs sortants, l'ancien président du Festival de Cannes, Gilles Jacob, 90 ans, qui a pu voter par procuration. "On est sur la bonne voie, et l'impératif c'est que les César se poursuivent dans les meilleurs conditions possibles", a-t-il ajouté.

Interrogée par l'AFP, la réalisatrice Audrey Estrougo, 37 ans, membre du collectif 50/50 lancé pour réclamer des "mesures concrètes" contre les violences sexuelles et pour la répartition du pouvoir entre les sexes dans le cinéma, a salué "un bon début".

"C'est bien que le collectif ait pu s'imposer. Mais après, il faut que les faits et les mentalités suivent, c'est le plus compliqué", a-t-elle ajouté.

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