En Pologne, deux visions de la société s'affrontent à la présidentielle

Affiches électorales du président polonais Andrzej Duda et de son challenger libéral, le maire de Varsovie Rafal Trzaskowski, dans les rues de Raciaz, Pologne, le 9 juillet 2020.
Affiches électorales du président polonais Andrzej Duda et de son challenger libéral, le maire de Varsovie Rafal Trzaskowski, dans les rues de Raciaz, Pologne, le 9 juillet 2020. AP - Czarek Sokolowski

C'est un second tour très serré qui s'annonce, dimanche, entre le président sortant Andrzej Duda et le jeune maire de Varsovie Rafal Trzaskowski. Les Polonais doivent choisir entre deux visions radicalement opposées et qui annoncent des directions bien différentes pour le pays, notamment dans ses relations avec Bruxelles. 

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Le président sortant, Andrzej Duda (Parti conservateur Droit et Justice, PIS), qui pensait remporter l’élection dès le premier tour, doit faire face à la percée inattendue de la Plate-forme civique (PO), menée par son adversaire, le maire de Varsovie Rafal Trzaskowski, dans les sondages.

Si le président Duda est arrivé largement en tête avec plus de 43 % des voix au premier tour, son adversaire qui a dépassé la barre symbolique des 30 % de voix représente une réelle menace pour le second tour de dimanche.

Andrzej Duda a pourtant profité d’une couverture médiatique importante, tout en menant une campagne électorale parfois surprenante. S’il n’a pas réussi à convaincre autant qu’il le pensait, c’est en partie à cause de ses propos polémiques visant la communauté LGBT. La tentative de maintenir le scrutin présidentiel en mai, en pleine pandémie, lui a aussi coûté quelques points de popularité.

Les reports de voix favorisent le candidat libéral

Le candidat libéral, très populaire dans les grandes villes, est en passe de séduire une grande partie de l’électorat de l’indépendant, Szymon Holownia, troisième homme dans cette élection (13,87 % des voix au premier tour). Ce dernier estime que le président sortant entraîne le pays vers l’autoritarisme. S’il n’a pas formellement appelé à soutenir Rafal Trzaskowski, Szymon Holownia exprime publiquement des points d'accord avec les idées de celui-ci, comme l’explique le correspondant de France 24 à Varsovie, Gulliver Cragg.

Les différentes réserves de voix sont un enjeu majeur du second tour de cette présidentielle. La question se pose d’ailleurs pour les partisans du jeune candidat nationaliste Krzysztof Bosak. Pour qui voteront les électeurs qui ont permis au parti d’extrême droite d’obtenir 6,75 % des voix au premier tour ?

Autant Andrzej Duda que Rafal Trzaskowski espèrent séduire l’électorat de Krzysztof Bosak en accentuant leurs points communs : les valeurs traditionnelles pour le président sortant, et la lutte contre le monopole bureaucratique du pouvoir pour le candidat libéral.

Une Pologne, deux visions

C’est un véritable combat idéologique et culturel qui se mène pendant cette campagne électorale. Les deux candidats qui croisent le fer incarnent deux visions diamétralement opposées de la Pologne et de son avenir.

L’Europe est au centre des enjeux de cette élection, qui pourrait redéfinir les relations entre Varsovie et Bruxelles. Rafal Trzaskowski s’est d’ailleurs présenté comme le candidat qui renouera avec l’Europe et qui garantira une vraie démocratie dans le pays.

Du fait des antagonismes persistants entre la Pologne et l’Europe, notamment concernant la réforme de la justice qui accroit le contrôle de l'exécutif sur les juges et celle des médias publics jugés trop favorable au PiS, Bruxelles suit de très près ce scrutin.l

Dimanche, les Polonais diront s'ils maintiennent leur confiance en Duda ou s'ils veulent tourner la page des ultra-conservateurs du PiS, au pouvoir depuis 2015.

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